les compagnons du Destin

 
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Matsiak Ynah Tuifen
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Matsiak
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Localisation: Capitale mondiale des vins de bon goût.

Message Posté le : Ven 9 Juil - 08:04 (2010)    Sujet du message : Matsiak Ynah Tuifen Répondre en citant

Prologue: Une veillée pour une bière...

Il faisait froid et humide en ce 31 Martalo de l'année 640. Une bruine sournoise infiltrait jusqu'au vêtements des voyageurs, et l'humeur des habitants de la ville d'Astrub s'en ressentait. Tous s'évitaient et évitaient encore plus de regarder au delà de leur chaussures, se dépêchant de rentrer dans leurs pénates ou de terminer leurs tâches journalières. Même les gardes, pourtant zélés d'habitude se montraient maussades, et leur expression contrariée seule forçait le calme. Ca oui, il faisait un temps à ne pas mettre un Tofu dehors.
Au sud de la ville, deux silhouettes vêtues de manteaux de voyage passèrent les portes de la cité de justesse alors qu'elle se fermaient pour la nuit. Une chance pour ces marcheurs du soir, car la nuit aux pieds des murs centenaires n'aurait certainement pas été de tout repos ,les nuages se regroupants de plus belle annonçant clairement que le Dragon de l'Obscurité avait décidé de rendre les heures sombres plus noires encore.
Avisant un panneau indicateur délavé par le temps et les intempéries, le duo prit le chemin du seul établissement ouvert à cette heure tardive, activant le pas. Les couleurs du manteau de l'un d'entre eux annonçait clairement la tradition Osamodas, identifiant son propriétaire comme l'un de ces mages des invocations. Le second lui, ne laissait rien douter des origines de son porteur, mais le bruit caractéristique de dés enfermés dans une bourse à la ceinture de ce dernier laissait un doute prompt au pari. Bientôt les formes d'une bâtisse ancienne mais acceuillante se dessinèrent devant eux, les saluant du grincement de son enseigne rouillée et battue par les vents.
Les ombres s'épaississaient rapidement alors que l'Osa passait la porte de cette taverne rêvée maintes fois, laissant son compagnon régler quelques détails avant de rentrer à son tour. La lumière des torches faisait danser des formes sombres et fantasmatiques sur les murs et le plafond de la bâtisse. Une odeur de bouftou grillé emplissait ses narines, ainsi qu'une autre, moins définissable... Si, ça y est, c'était l'odeur de la bière rance de l'établissement. Un regard grincheux du patron de ces lieux lui fit comprendre qu'il allait bientôt fermer, mais qu'il pouvait prendre un verre tout de même. Au fond de la salle presque vide, une longue table, et une silhouette encapuchonnée.

"C'est lui... pensa Matsiak en se débarassant de son manteau, Je le reconnais, il n'y a pas de doute possible, je l'ai vu dans mon sommeil..."
S'approchant de l'inquiétante et marmonante personne encapuchonnée, le jeune Osa se râcla le gorge:
"_Messire, commença-t-il. Je suis venu, comme le veulent mes rêves... Pouvez vous m'éclairer sur leur sens?"

Le Sram se leva, se frottant une bosse assez récente sur son crâne et dit:
"_Oui oui, bien sûr, tu es le premier mon ami, mais pas le dernier, nous ferons de grandes choses ensemble. Mais je t'en prie, assied-toi que je t'offre une bonne bière et raconte-moi ton histoire. Apparement, ce sont les dieux qui t'ont guidés jusqu'à moi dans leur grande sagesse!"
Il fit un geste en direction du comptoir, et, sans même s'assurer qu'il avait été compris, indiqua une chaise à sa table.

Légèrement intimidé, le jeune Osa hocha la tête et s'assit en face du Sram. Il observa sa figure émaciée, et son regard s'attarda un instant sur une étrange cicatrice sur son front, avant de détourner les yeux, conscient qu'il s'agissait là d'une impolitesse caractérisée. Le silence fut rompu par le pas lourd du tavergiste amenant deux pintes de bière douteuse sur la table. Les chopes versèrent un peu de leur contenu sur le bois du meuble lorsque le taulier les y posa, éclairant les deux compères sur les raisons de la couleur si particulière de ce bois.
"_Ca f'ra 8 kamas, messieurs!éructa le patron des lieux. Pis on paye maint'nant, comme ça vous pourrez partir quand vous voudrez, hein!"

Le regardant au fond des yeux, les deux en même temps, le Sram lui sourit de toutes ses dents, et sortant les kamas demandés, lui répondit d'un air inspiré:
"_Béni soit-tu, toi qui ne le sait pas! Car ta Taverne a été choisie par Les Douze pour y acceuillir la plus glorieuse des assemblées qui soit! Va en paix, Taulier, et bénie soit ta pisse de Bouftou!"

Ne sachant trop si la sortie de Sanlioc était du lard ou du Porckass, le patron s'éloigna en gromellant, non sans un dernier regard en direction des deux compères.
"_Bon! Ton histoire, maintenant!s'impatienta le Sram. Je t'écoute!
_Alors... Ben...bredouilla le jeune Osa. Tout à commencé y'a.... C'était quand.... "

Le Sram ferma un instant les yeux, et prit son sourire numéro 3, le sourire figé. La soirée allait être longue...


__________________________________________________


Le Rituel du Passage.

Tout a commencé il y a trois ans. Je vivais à cette époque dans mon petit hammeau des collines d'Amakna, et je me rendais utile en m'occupant du Tofuaillier local. J'aime beaucoup ces animaux-là, et ils me le rendent bien. Même le Royal me laissait prendre les oeufs, ne m'accordant qu'un regard sévère là ou beaucoup se faisaient pincer les mollets, ou pire. Je me levais tous les jours très tôt pour leur donner leur ration de grain, et les Tofus m'acceuillaient en piaillant amicalement et en roucoulant autours de mes jambes. Mon pépé disait que j'étais né avec un Tofu dans les mains pour avoir autant de gratitude de leur part. Moi, je pensais que c'était surtout parce que j'étais l'un des seuls à leur gratouiller les ailes pendant des heures au lieu de chercher à les courser, comme le faisaient les autres gamins.

La vie s'écoulaient calmement au rythme des saisons, et nous vivions en paix, loin des bruits de batailles entre Bonta et Brâkmar. De temps en temps, nous appercevions un ange ou un démon sur la route derrière la colline, mais ils ne daignaient jamais s'arrêter dans nos demeures, au grand soulagement de nos anciens. "Qu'ils restent ou ils sont!", disait mon pépé, " Et les Bouftous seront bien gardés!". Parfois, un voyageur s'arrêtait, cependant, et, en échange d'une nuit et d'un repas, nous contait les guerres et les histoires de ces deux villes, effrayant et ravissant les plus jeunes au coin du feu. Ces légendes de guerriers terribles se jetant dans la fureur du combat, bardés d'éclairs et de puissance, nous semblaient magnifiques et prenantes, mais les plus vieux les écoutaient en secouant la tête de droite de gauche, dénonçant la futilité de telles violences. Osa nous enseigne que toute vie est précieuse, et ces nouvelles, en plus de faire rêver les enfants, en chagrinaient également plus d'un. Moi, j'étais à un âge ou je savais que, même romancées, ces histoires n'en étaient pas, que la guerre faisait rage au delà de nos terres, et j'espérais secrètement ne jamais la voir de près.

La saison de Nowel venait de passer, et le printemps commençait à redécorer la campagne environnante de couleurs chatoyantes, lorsque vint la fête du Passage. C'est le moment ou tous les jeunes Osas en âge d'être autonomes se voient donner le statut d'adulte, et, nom d'un Tofu, je l'attendais avec une impatience digne d'un jeune Chacha. Le hammeau se parait de milles banderolles aux couleurs et aux formes des créatures d'Osa, et les esprits devenaient de plus en plus festifs et taquins alors que le jour tant attendu pointait son museau. Puis, la veille de ce jour mémorable, tous les participants au Rituel furent réunis dans la grange pour la Veillée Sacrée, que nous devions passer en jeûne et en prières. Seul le doyen et la doyenne de la communauté étaient autorisés à rester, officiant sous le regard pénétrant du Tofu Royal, vautré pour l'occasion sur l'autel de prière. Nous répétions les cantiques entonnés par nos aïeux, et restâmes dans la même posture des heures durant, jusqu'à ce qu'enfin, le soleil se lève, nous permettant enfin de nous relever et de dégourdir nos membres endoloris. Fatigués, épuisés même, nous sortîmes dans la lumière matinale, acclamés par nos familles qui nous attendaient sur la grand'place. La fête pouvait maintenant vraiment commencer.

Nous avions trois épreuves à passer pour obtenir le statut d'Osa indépendant.
La première consistait à s'occuper d'un Bouftou complice pour l'occasion, et qui s'était roulé dans la boue pour être le plus sale possible. Nous devions le laver, le brosser, bref, le rendre le plus propre et présentable possible, et ce en un temps record vu qu'il s'agissait d'une course de vitesse ou tout les participants du Rituel s'affrontaient. Les rires et les encouragements allaient bon train autours des enclos, et cette épreuve se fit dans la bonne humeur générale, surtout lorsqu'un Bouftou taquin se prit à mordre gentiment les bras de l'un d'entre nous, le gênant considérablement dans son travail: le pauvre était marqué de grosses traces de dents et couvert de bave! Finalement, à la fin, son Bouftou était plus propre que lui!
La seconde consistait à dresser un Tofu sauvage. Ces créatures peuvent être de véritables teignes, mais heureusement pour moi, je connaissais parfaitement leur comportement et ne tardais pas à l'amadouer avec des gratouilles et des graines de sésames ( j'en aie toujours dans ma poche, au cas ou..), remportant cette seconde manche haut la main, mais sans surprise pour l'assemblée. J'en profite pour dire que la vue d'un Tofu ébouriffé de colère est un spectacle hilarant si on n'en est pas la cible!
Ces deux tâches prirent toute la matinée et c'est harrassés que mes compagnons et moi-même arrivâmes au banquet traditionnel qui précédait la dernière épreuve, la plus dure d'entre toute. Nous étions fourbus, comme je l'ai dit précédement, mais nous dûmes tout de même participer aux différents jeux qui nous attendaient lors de ce repas, comme la course de Tofus de papiers, ou le concours d'imitations de Bouftous.
tout se déroula encore une fois dans la bonne humeur, et les plaisanteries et les rires fusaient de toute part.

On nous laissa nous reposer quelques heures, et, en fin d'après-midi, nous fûmes réunis de nouveau sur la grand'place, au milieu de tout le hammeau, face aux doyens. Ils prononçèrent le discours traditionnel de mise en garde pour jeunes Osas, et prononçèrent les dernières prières qui nous conduiraient à l'épreuve finale, le Voyage Initiatique.
Au milieu des chants et des cantiques, nous reçûmes chacun la bénédiction de l'eau de la vie, et le droit de passer une dernière soirée en compagnie des nôtres.
"_Lorsque vous reviendrez de votre périples, disaient les anciens, vous devrez vivre dans la maison des célibataires, en attendant de trouver celui ou celle qui vous accompagnera votre vie durant. Et jamais plus vous ne dépendrez de vos parents, car vous serez alors des Osas à part entière, capables de vous débrouiller seuls, et reconnu en tant que tel, avec toutes les responsabilités que cela incombe. Au jour ou vous ne serez plus seuls dans votre âme comme dans votre coeur, mes enfants, vous devrez alors construire votre maison, et réunir assez de créatures pour subvenir à vos besoins. Ainsi est la tradition Osa de notre clan, ainsi est notre honneur de servir Osamodas Le Grand! Que le Maître de toute Vie vous accompagne demain, car votre destin vous y trouvera lorsque vous rencontrerez votre Esprit-animal! Allez en paix, mes enfants, demain sera une longue journée..."



L'épreuve finale: l'Esprit-animal.

Le matin pointait le bout de son nez, que j'était déjà prêt à me mettre en route. Je savais que je ne pourrait pas revenir sans avoir trouvé mon double animal, mais la fierté de participer enfin à cette noble tradition supplantait la peine de quitter les miens. Ma jeune soeur, les yeux endormis, me tira par la jambe de mon pantalon, le visage inquiet et triste. Je savais que je n'avait pas le droit de lui parler à cause de la tradition de la troisième épreuve, mais je n'eu pas le coeur de lui tourner le dos.
"_Dis, tu reviens, hein? me fit-elle d'une petite voix ensommeillée, Tu promets?
_Oui, je reviendrai, je serai pas long! Maintenant, retourne vite te coucher, tu vas te faire gronder! lui murmurais-je en lui ébouriffant les cheveux affectueusement.
_je veux pas dormir, j'ai pu sommeil....
_Ha ha! Tu est têtue, un vrai petit Prespic, surtout avec tes cheveux coiffés comme ça! allez, sois sage, et va dans ton lit. je reviens bientôt, c'est promis!
_Promis? demanda-t-elle encore d'une petite voix.
_Promis, petit Prespic! allez, va!"

Je l'embrassais sur la joue, et la regardais partir dans sa chambre en traînant le pas. Puis, je pris mon baluchon, le jeta sur mon épaule, et avec un dernier regard sur ma maison, tournais le dos à mon enfance pour avancer vers mon destin. En passant la porte, je jurais alors avoir entendu ma mère me souhaiter bonne chance.

Le soleil m'acceuillit alors que je quittais mon hammeau, comme les autres participants à l'épreuve. Nous nous souhaitâmes bon courage, et partîmes chacun dans une direction différente. Pour ma part, je choisis à ce moment les bois au delà des collines, mû par un présentiment confus. Le voyage vers ces bois passe par de nombreux champs, et aucune route, mais d'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours aimé passer par mont et par vaux pour rallier un point à un autre. J'arrivais bientôt à l'orée de la forêt, et y pénétrais aussitôt. les arbres me cachèrent aussitôt le soleil, et je parcouru de longues heures durant ses étendues verdoyantes, passant les ravines, contournant les formations rocheuses quand je ne pouvais les escalader, flânant enfin dans ses clairières acceuillantes. Au zénith, je m'arrêtais pour grignoter quelques fruits sauvages, profitais d'un cours d'eau pour me désaltérer. Le chant des Pious m'accompagnait, et enchantait mes oreilles. Le vent faisait bruisser les feuilles, et caressait mon visage. Un calme incroyable m'envahit, et je me laissais aller à quelques rêveries pour passer le temps.

Le soir vint assez vite, et je me dépêchais à choisir un site où dormir. Un promontoire rocheux fit l'affaire, et réunissant quelques grosses branches et quelques rameaux de feuillage touffus, je me composais un abri efficace. Un petit feu plus tard, et je fus prêt à passer la nuit. Mon pépé m'a appris beaucoups de choses sur la vie en pleine nature, et aujourd'hui encore, je le remercie. ses techniques de survie se sont montrées éfficaces en bien des occasions. Mais revenons à nos Bouftous.

Je m'endormis assez vite au milieu des bruits de la nuits, et au petit matin, je fus réveillé par la rosée. Frissonant, je me relevais en m'étirant, et ouvris les yeux sur le matin, laissant mon corps engourdi se réchauffer aux rayons du soleil alors que je me promenais autours de mon campement. Puis, un autre frisson me glaça l'échine: des traces de pattes que je reconnu vite pour être celles de Mulous se découpaient dans les herbes et la terre. Je vis ensuite d'autres traces, plus grosses, d'un Tofu Royal partant vers le nord à grande vitesse. Rapidement, je revins sur mes pas, et, saisissant mon marteau, réunis mes affaires pour suivre la piste, inquiet pour le Tofu. Je parcouru ainsi plusieurs miles avant de arriver à une clairière d'où parvenaient des bruits de combat. Des glapissements sauvages de Mulous et les cris de colères du Royal emplissaient l'atmosphère, et l'odeur du sang régnait dans l'air. Emergeant des buissons, j'assistais aux derniers instant du terrible affrontement, et vis le Mulou survivant fuir la queue entre les pattes. Avec le recul, c'est une chance que je ne soie pas arrivé plus tôt, même si je l'avais souhaité, car je n'aurai fait que gêner le Royal, en fin de compte.

Des plumes et des poils avaient volé dans toutes les directions, et le Tofu était maintenant allongé au sol, mortellement bléssé. Prudement, je m'approchais en chantant un cantique pour Osa, rassurant la noble créature, mais je constatais bientôt que je ne pouvais plus le sauver. Son sang s'échappait de ses multiples blessures, et l'animal respirait difficilement. Plongeant son regard au fond du mien, il sembla un instant me jauger, et écarta douloureusement une de ses magnifiques ailes, dévoilant la forme tremblante d'un tout jeune Tofu. Puis, gentiment, doucement, il le poussa vers moi et dans un dernier regard, rendit son ultime souffle. Je me mis à pleurer en silence, car je venais de le reconnaître. C'était le Royal de mon hammeau, que j'avais nourri tant d'année durant, et qui à sa manière, m'avait montré tant de reconnaisance. Je lui jurais de m'occuper de son petit ma vie entière comme sur ma propre chair, et récitais en son honneur les prières Osa de circonstance.

"Ô Toi qui fut, j'invoque Ton souvenir/ Que Ta mémoire demeure/ Et que ton Nom résonne/ Dans nos coeur comme dans le vent/ Pour nous revenir ici-bas/ Dans nos vies comme dans nos chants./
Le vent gémit/ Souffle sur nos âmes/ un air de tristesse/ Pour nos disparus/Appelez les morts/ qu'ils reviennent parmis nous/ Pour que, à nouveau,/ Ensemble nous voyagions/ sur les ailes de Zéphir."

Je me relevais. Pourquoi mon Royal était-il venu jusque là? Je ne comprenais pas... Comment aurais-je pu deviner?
Un malheur en appelle un autre, et j'étais loin d'être au bout de mes peines....

Prenant la petite forme terrifiée dans mes bras, je lui murmurais des paroles de réconfort, et, le coeur empli de douleur et d'inquiétude, repris le chemin de mon hammeau.




Ainsi sèchent les larmes à jamais...

Je me hâtais, courant à perdre haleine à travers les bois, évitant les racines, murmurant sans cesse des prières pour les miens. Les branches me griffaient le visage, et les bois s'étaient faits menaçants sous ma peur incontrôlable. Je courrais, courrais, courrais, perdais mon souffle, prenant à peine quelques secondes pour tenter de le retrouver, et reprennais ma course effrénée de plus belle. Je luttais contre le temps, contre le vent essayant d'aller plus vite qu'eux, de remonter leur courant, craignant le pire. Quel orgueil.... Et quelle folie que de courir vers la mort.

Je ne parvins, malgré tout mes efforts, à ne rejoindre ce qui restait de mon hammeau que dans la nuit, et les dernières lueurs des flammes rongeants tout mon passé s'éteignaient à peine lorsque je parvins au dessus des champs. Blanc comme un linge, le visage innondé de larmes amères, je errais bientôt dans les ruines de mon enfance. Les corps calcinés de mes voisins et amis jonchaient les rues dévastées, et remplissaient l'air d'une odeur insoutenable de chair brûlée.La gorge me brûlait, les yeux me piquaient horriblement. Je crois qu'à cet instant encore, j'espérais un miracle, que les miens soient vivants, mais la vue des cendres de ma maison me ramenèrent à la dure réalité.

lorsque je vis un petit corps ramassé sur lui-même tenant les restes d'une peluche de Bouftou, je me mis à hurler au désespoir, criant ma peine et ma colère à la face du monde. Je ne sais combien de temps je hurlais, mais ma voix s'éteignit pendant plusieurs jours après ces instants atroces. Mes yeux étaient brouillés de larmes de haine envers les responsables, quels qu'ils soient, et brûlaient sous les vapeurs toxiques des bûchers de cadavres. Certains de mes amis n'avaient même pas eu le temps de se réveiller, leurs formes encore prisonnière de ce qui avait été leur lit, ou étaient morts en essayant de fuir. D'autres s'étaient défendu, certains endroits du sol gardant les traces fumantes des cercles d'invocation.

Au bout de quelques heures, je réussis à me calmer suffisament et parcourant les décombres, réunis quelques souvenirs précieux. Je quittais ce cauchemard, m'éloignant pour accomplir les derniers rites d'Osa, en un petit bûcher funéraire. Je voulais le faire ailleurs, cet endroit avait assez vu de flammes.

Mes larmes coulèrent encore des heures sur mes joues, et puis s'éteignirent. Mon regard perdit son éclat et alors que je me relevais, je passais le bras sur mes yeux, les séchant à jamais d'un geste symbolique. Mon coeur meurtri ne se laisserait plus attendrir, j'en étais sûr, car je venais de subir la plus terrible des blessures.

Reprenant mon sac sur mon épaule, je plaçais le Tofu sur l'autre, et repris la route, définitivement, cette fois. Un dernier regard, une douce trille de mon Tofu, mes pensées sombres, et je partis.
Adieu, vous qui fûtes tout pour moi. Je ne peux vous oublier, je ne peux pas non plus pardonner, mais je peux vivre pour vous, en votre nom. Oui, cela, pour vous, je le peux.

Comme le voulait la tradition, ce jour là, je suis entré dans l'âge adulte, avec des pensées adultes, et des désirs adultes. Mais, Osa! Que mon entrée fut sombre!




Interlude: Ou l'on vide une autre chope.

l'Osa s'interrompit quelques minutes. Dans le silence, et sur son visage, on pouvait lire la douleur de tels souvenirs. Même le propriétaire des lieux lavait ses verres sans rien dire, un regard gêné fixé sur ce qu'il faisait. Matsiak leva le sien, et le posa sur le taulier:
"_Un autre verre patron! Pour mon compagnon aussi. Cette tournée est pour moi."
Malgré l'heure avançée, le tavergiste s'éxecuta, apportant les choppes sur la table, les posant plus gentiment, et emportant les précédentes, vide.
L'Osa et le Sram passèrent quelques minutes sans rien dire, le nez dans la bière. Sous le manteau de Mat, un faible mouvement, et un bruit de respiration calme suivit d'une trille indiquaient la présence d'un Tofu somnolant. Le regard attendri, l'Osa passa sa main sur les plumes duveteuses, et releva les yeux.
"_Certaines créatures montrent plus de fidélité que d'autres, non? Il a traversé tant de choses avec moi, que c'en est incroyable, vous ne trouvez pas?"

le Sram continua de siroter sa chope, hochant simplement la tête, ne sachant trop quoi dire. La porte de la taverne s'ouvrit, laissant passer un Ecaflip d'un âge moyen. l'Eca croisa le regard de Matsiak, fit un signe de la tête, et s'assit à une table proche.
"_C'est un ami, messire, ne vous inquiétez pas. Il n'y a rien a craindre de lui. Mais reprenons, car mon histoire n'est pas finie..."
Dans la lumière des torches, le jeune Osa posa les yeux de nouveau sur sa chope, et, fixant les jeux de formes du liquide suspect, continua son récit.




Sur les chemins de poussière

J'ai pris la route donc. J'ai marché des heures durant, à m'en bousiller les sandales, avec pour seul compagnon mon tofu, m'entraînant sans relâche aux heures ou je devait m'arrêter pour maîtriser les techniques d'invocation de mon peuple. A force, mes mains sont devenu calleuses, et les cloques en sang des premiers temps sont devenu cuir. Nous nous sommes endurcis, et nos corps ont changé. Il devint très fort pour me prévenir dès que qu'un être ou une créature approchait, et j'appris à transformer la peau de ces créatures en vêtements chauds contre l'hiver ou la pluie. Je chassais pour me nourrir, devenant peu à peu sauvage, fuyant la civilisation qui avait détruit les miens.
Je pense que seule l'habitude conservée des prières et des chants Osas m'empêchèrent de perdre la faculté de communiquer avec les humains, car je pense pouvoir dire que la vie telle que je l'ai menée aurait pu me faire perdre le langage. Nous n'avions rien, sauf nous même, et c'était là tout ce qui comptait. La colère m'habitait à cette époque, et me rendait agressif et renfermé. Ce furent des heures et des jours difficiles, mais j'ai toujours tenu parole, et mon Tofu n'a jamais manqué de rien. Je l'ai regardé grandir, lui ai appris à se cacher lorsque des bêtes sauvages nous attaquaient pour se nourrir de nous, le défendant sans cesse contre le froid et la douleur.

A force de voyager, nous avons vu beaucoup de choses, et apprîmes à traverser de nombreuses régions en évitant leurs dangers. Nous nous déplacions à l'aube et au crépuscule, et je dormais le jour alors qu'il veillait, et il se reposait la nuit pendant que je le protégeais.

Ce périple à duré presque un an, pendant lequel je me familiarisais à un tel point avec l'invocation de Tofus que je devins capable d'en appeler de nombreux. Nos adversaires croulaient littéralement sous leur nombre, et je fut capable de résister à de plus gros assauts, encaissant plus facilement les blessures, et les rendant au centuple. Je pris de l'assurance, et commençais à vouloir aller là ou aucun des miens n'avait jamais rêvé d'aller. Ce que je cherchais, je ne le savais pas alors, mais quelque chose me poussait à rallier ce lieu presque légendaire dans mon hammeau, la forêt Mythique d'Osamodas au centre de laquelle une clairière recèle toutes les réponses que les miens pourraient vouloir désirer.

Autant vous le dire tout de suite, je ne l'ai jamais trouvée, et je pense que la légende à dû déformer la réalité à ce point que désormais personne ne pourrait localiser cet endroit. Mais mon périple m'a quand même apporté quelque chose...

Car chaque voyage, qu'il soit intérieur ou extérieur à soi, nous apprend beaucoup sur nous-même, pour peu que l'on soit un minimum réceptif.

[Il y a bien longtemps, alors que le monde s'éveillait, Osamodas réfléchissait en silence aux formes qu'il allait donner à nos corps. Il regardait les vastes étendues créés par les Dragons, et se disait:   "ils devront marcher pour découvrir ces terres, je leur donnerai donc des jambes pour les soutenir, ils devront se défendre, car la mort est présente et soeur de la vie. Je leur donnerai donc des bras et des mains. Il serait dommage qu'ils ne profitent pas de la beauté du monde, je leur donnerai donc des yeux pour le voir, un nez pour le sentir, et une peau pour le ressentir."
Mais cela ne suffisait pas, et Osamodas le savait bien.
<font size=]Il regarda au fond des eaux, et vit un autre royaume à peupler. Ainsi naquirent les poissons et les peuples qui dansent entre les vagues, et Il leur donna le pouvoir de respirer librement sous l'écume, une peau qui résisterai aux ravages de l'eau, et remplaça leurs membres par des nageoires qui leur permettrai de se mouvoir avec souplesse et rapidité.
Il leva les yeux, vit le ciel et se dit qu'il faudrait que des créatures puissent le parcourir. Pas toutes, car toutes y passeraient leur temps, mais certaines, oui. Il vit les cimes des arbres, et se dit que les créatures qui danseraient dans les nuages devraient être plus petites et légères que celles qui fouleraient le sol. Et il créa les oiseaux, et parmis eux, ceux qui deviendraient ses messagers, les Tofus.
Pendant un temps, ceux qui marchaient se contentèrent de cet état des choses, mais peu à peu, alors qu'ils avaient tout exploré à la surface du sol, ils voulurent aussi les autres royaumes.
Ils domestiquèrent les vagues, apprirent à se nourrir du peuple aquatique, et à se mouvoir dans l'élément liquide. Bientôt, les mers ne furent plus à craindre pour eux.
Mais cela ne suffisait pas et ils tentèrent de se rapprocher du ciel, escaladant les montagnes, grimpant aux arbres les plus haut, s'appercevant lentement avec tristesse et résignation que le ciel n'était pour eux qu'un rêve inaccessible.
Osamodas avait bien fait les choses, et le peuple qui marche resta aux frontières du ciel, créant des cités et des temples en l'honneur de ce royaume rêvé mais innaccessible..
De ce temps là ou nous avons appris notre place ne restent que quelques discrètes ruines sur les massifs et au coeur des plus vieilles forêts. Il paraîtrai qu'il y aurait, dans ces vestiges d'une ancienne époque, de nombreux secrets mais aussi de terribles gardiens qui veillent jalousement sur leurs trésors...
Conte Osa pour les enfants- Les légendes des créations d'Osamodas.]


Un jour d'automne, alors que les feuilles de frêne et de chêne recouvraient le sol d'un tapis coloré, nous atteignîment les contreforts de la plus haute chaîne montagneuse que je n'osais imaginer. Bordée de bois toufus, elle s'élançait loin dans le ciel, semblant défier quiconque de faire mieux. La nature environnante, riante et exhubérante, exprimait sa pleine force avec ce spectacle fantastique, mais je m'en moquait éperdument. J'étais devenu sauvage, rapide et rusé comme un mulou, tenace et violent comme un sanglier. Une fois en chasse, nulle proie ne nous échappait, condamnée à une fin rapide et cruelle. Beaucoup perçoivent Osamodas comme un dieu mauvais, mais il n'est pas que ça. Oui, il est la mort, la traque, le goût du sang dans la bouche alors que l'on déchire la tendre peau du cou de sa victime, arrachant la jugulaire, se perdant dans la musique de ses cris d'horreur et d'agonie. Et oui, c'est lui que je vénérais, offrant au ciel un hurlement dément de victoire à chaque prise, à chaque tué comme en revanche de ces vies que l'on m'avait volé. Osa le grand a une face au soleil, bénissant chaque naissance, souriant à ceux qui respirent, et l'autre portant son ombre sur ceux qui vivent la mort. Moi je me tenais à ses pieds, juste derrière la frontière de lumière. Seul, avec mon double animal.
Connaissez vous cette sensation, cette impression, de n'exister que pour souffrir et mourir à votre tour? Que le dicton est faux, « manger ou être mangé », et qu'il est plus quelque chose comme « manger avant d'être mangé »?
Si oui, vous savez ou je me trouvais et vous comprenez le côté sombre d'Osa. Sinon, essayez d'imaginer....

La région ou je me trouvais alors se révéla suffisament riche en gibier et vide de présence autre qu'animale pour nous paraître acceuillante. Nous décidâmes de rester quelques saisons avant de repartir, et commençâmes de faire le tour du propriétaire, par réflexe, pour repérer les lieux ou nous pourrions nous reposer en sécurité, les meilleurs coins de pêche ou de chasse, et les buissons fruitiers. En quelques semaines, il fut évident que nous serions ici en sécurité pour l'hivers.
Je nous construisit un abri solide pour la saison froide, au fond d'une grotte, protégés par une palissade de bois emmitouflée de fourrure. Une ouverture permettait à la fumée de notre feu de s'échapper, mais gardait la chaleur dans la grotte. Quelques autre peaux nous firent des tapis et des couvertures, nous assurant du confort minimum, laissant une partie de l'espace pour secher la viande, entreposer quelques affaires, toujours le minimum...
Les jours de chasses suivirent d'autres jours de chasses, et une forme d'habitude naquit, en accord avec les lieux. La vie n'était pas si mal à cette époque, je n'avais ni faim ni froid... Personne ne pouvait plus me blesser... Et je courrais de longues heures la journée durant, renouant avec nos instincts primaux, frémissant de bonheur au contact du vent, aux aguets si un bruit suspect venait troubler le silence environnant, mi-osa, mi-bête.

La saison chaude passa vite. Les buissons regorgeaient de baies, des trésors de champignons, de fruits en tout genre venaient enrichir le quotidien, et je ne vit pas de suite ces changements dans ma forêt qui auraient dû m'alarmer, alors que j'entassait des reserves pour l'hivers. Tout se ferait rare, et il me fallait prévoir loin pour avoir une chance de survie en pleine nature. Les couleurs de feu des feuilles, du rouge au brun, et ces senteurs de mousses et de terres me remplissait d'une force chaque jour renouvelée.
Heureux, je ne voyait pas les animaux partir, quitter peu à peu dicrètement cette belle forêt...

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Dernière édition par Matsiak le Dim 6 Fév - 12:23 (2011); édité 8 fois
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Message Posté le : Ven 9 Juil - 08:04 (2010)    Sujet du message : Publicité

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Message Posté le : Mer 21 Juil - 00:11 (2010)    Sujet du message : Matsiak Ynah Tuifen Répondre en citant

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Du crépuscule à l'aube...


L'automne fut diablement rapide à disparaître. En quelques semaines à peine, il laissait sa place, et la saison de Djaul immobilisait tout ce qui vivait. En une nuit à peine, tout avait changé. Instinctivement déjà, je savais que quelque chose clochait, mais en plus, cet hiver précoce avait un drôle de visage: les végétaux gelés n'avaient pas perdu toutes leurs feuilles, et on devinait parfois sous la glace les couleurs de la vie, figées en une parodie morbide. De plus, il ne faisait pas froid.
Le vent ricanait méchamment, et parfois, une des « sculptures » de glace s'effondrait en une nuée d'aiguille de glace.


Glissant mon tofu sous ma chemise de fourrure, je décidais d'explorer un peu les environ, inquiet et surpris de ce brutal changement de température. Le clan Tuifen n'avait aucune information sur ce phénomène dans ses contes, et j'avais beau fouiller ma mémoire, je ne trouvai aucune trace concernant ce genre de chose.... Tiens? Pourquoi pensai-je à ma famille?.... Secouant la tête, je reprit mon chemin. J'atteignis bientôt la rivière, et alors que je contemplais les flots puissants stoppés nets dans leur élan par le froid, un rire d'enfant, étrange et familier, mais sinistre en même temps, moqueur et empli de malice, s'envola dans le vent.


Je sursautais. Une silhouette avançant à cloche pied sur la glace de la rivière venait d'apparaitre, faire un saut et s'évaporer. A nouveau, ce rire retentit et le vent joua avec.... Sur ma gauche cette fois, et je tournais le regard au moment ou elle disparaissait. Le vent faisait résonner ce rire, l'amplifiait, le déformait, me rendait fou à ne plus savoir d'ou il venait... La silhouette reparut en face de moi, de l'autre côté de la rivière et rit de nouveau, et son rire d'enfant devint monstrueux, puissant et caverneux alors que le fantôme disparaissait en reculant, sans jamais me tourner le dos!


Pourquoi tremblais-je comme une feuille? Osamodas nous enseigne que la mort fais partie de la vie, que nous ne devons pas la craindre, mais cette petite morte en face qui s'évaporait dans le vent moqueur me terrorisait sans que je comprenne. Non, pensais-je, me reprenant brusquement, je dois savoir! Et comme un fou, sans réfléchir, je couru sur la glace à la poursuite du fantôme. A peine au milieu, ce fut l'enfer. Les blocs se fissurèrent, se disloquant les uns les autres, se chevauchèrent comme en bataille, s'affrontant et se détruisant, me ballotant dans tout les sens, faisant de moi le jouet d'une puissance bien supérieure. Au milieu de ce chaos, moi, simple fétu de paille, et ce rire dément qui me torturait...
La nuit m'engloutit alors qu'un morceau de glace me heurta violemment à la tête, et je sombrais, laissant mon corps voguer sur les brumes de l'inconscience, furieux de cette fin glaciale, noyé de honte.


Bien des éons plus tard, je m'éveillais sur les rives d'un petit cours d'eau calme, le nez dans l'herbe fraîche et odorante d'un printemps florissant. Désorienté, je regardais devant moi, n'apercevant que verdure et autres vies exubérantes. Mon corps semblait bien vouloir répondre, aussi je pris sur moi et m'assis en tailleur devant ce spectacle. Non loin, le gazouillis familier de mon tofu retentit, et il voleta vers moi, tout joyeux de m'avoir trouvé des baies. Il avait donc survécu. Comment, ça je l'ignorais, mais il me faudrait remercier Osamodas avec ferveur!


Je mangeais, et trouvais une paix dans ce repas si simple, savourant un plaisir également simple, mais premier. Les trilles (Devrais-je dire les rires?) de mon tofu devant cet environnement si hospitalier, conjugué au clapotis calme de l'eau achevèrent de me détendre, et je me laissai aller à une contemplation béate, heureux d'être en vie et spectateur d'un si charmant tableau. Rassasié, je m'essuyais la bouche et me levais alors, m'étirant comme au réveil d'un mauvais rêve, avant de me retourner pour me passer de l'eau sur le visage.


Je me figeais à nouveau. De l'autre côté du cours d'eau, tout n'était que glace et mort. Végétaux figés, animaux condamné à une pose terrible, prisonniers du gel pour une éternité de souffrance.
Je ne comprenais plus. Que se passait-il? Ou étais-je? La confusion devint à nouveau maîtresse de mon âme.


« _Bonjour, grand frère! » fit une petite voix derrière moi.


Un frisson de peur remonta le long de mon échine. Cela ne pouvait être! Non, je refusais ça, pitié!
« _Grand frère?... » reprit la voix.


Non! J'ai assez pleuré! Non.... La douleur prit le pas, les larmes envahirent mon visage et je me retournais lentement, découvrant ma jeune soeur assise sur l'herbe, un doux sourire illuminant son visage.
« _N'aie pas peur grand frère... » reprit ma sœur. «  Tu rêves... »
« _Petit prespic! » fis-je, la voix tremblante. «  Ho par Osa, comme je regrette! Comme je m'en veux de ne pas avoir été là! »
« _Je sais... » murmura-t-elle d'une voix calme. « Mais tu ne peux changer ce qui a été, comme il te faut cesser de vivre dans la colère... »
« _Mais je ne peux pas!! Je ne peux pardonner à ceux qui t'ont fait ça, à toi, et à tout les nôtres! »
« _Il le faut, grand frère, il le faut... Car en refusant le pardon, tu te détruit, et tu nie la chance qui t'a été donnée de survivre. Mère et Père sont triste de te savoir perdu dans ta peine... Et moi aussi.. » ajouta-t-elle d'une petite voix.
« _Mais je n'aie plus rien! Rien! Rien de ce que j'aimais, chérissais n'existe aujourd'hui! » criais-je en pleurant.
« _Si, mon frère, mais tu ne le voie pas... Tu portes en toi les espoirs des tiens, ceux de nos parents... Les miens... Ma fierté de t'avoir eu comme frère.... Tu porte notre histoire, notre mémoire, nos traditions et la foi en Osamodas, ne le voie-tu pas? »
« _Ho, ma soeur.... Mère... Père... Osa, pourquoi a-t-il fallu que ça arrive? »


Ma soeur ne répondit pas, laissant mes larmes couler, entraînant ma peine avec elles. Ma colère disparut, et je prit son corps frêle dans mes bras, la serrant contre mon cœur, lui disant tout ce que je n'avais pu lui dire, combien je l'aimais, combien je l'aime encore et l'aimerai toujours. Elle sourit, et me rendit mon étreinte, puis s'écarta et essuya mes joues.


« _Il faut que tu retrouve la paix, Matsiak, car tu te perds... Osamodas ne le voudrait pas, comme aucun de notre sang ne le voudrais non plus. Tu veux bien essayer, mon frère? »
« _Pour toi ma sœur... » commençais-je.
« _Non, pour toi, grand nigaud! Pour toi, car cette paix est à toi, et par toi, rayonnera sur les autres. Allons, tu veux bien pardonner au destin? »
Il me fallut quelques minutes pour reprendre mon calme,pour que les larmes cessent. Puis je relevais les yeux, et au prix d'un effort, pu lui répondre.
« _Je vais essayer ma sœur, je vais essayer, Petit Prespic.... »
« _C'est un bon début! » répondit-elle en un sourire. «  Il te faudra du courage, mais je sais que tu en as. Ton destin est loin d'être fini. Ce qui t'attend, je ne peux t'en parler, mais tu est voué à de grande choses, même si peu le sauront ou le verront.. Ton rêve n'est pas fini, mon frère, mais je dois m'en aller. Ce temps ensemble qui m'a été accordé est terminé. Nous nous reverrons, mais saches que tout les nôtres veillent sur toi, et sont fiers de toi. »
« _Non, attends! »
« _Je dois y aller, mon frère... » fit-elle, sa silhouette s'estompant en minuscules lucioles de lumières, sa voix de plus en plus ténue. « Je t'aime, et veille sur toi, ne l'oublie jamais... »


Bientôt, je ne n'eus plus rien dans mes bras, et regardais les lumières tournoyer et disparaître dans le décors. Mes larmes coulaient toujours, mais leur goût avait changé, comme mon cœur se sentait toujours serré mais plus léger. Le chemin du pardon s'ouvrait à moi, et je remerciais ma soeur pour cela, et la puissance qui avait permis cela.
« _Adieu, ma sœur, adieu, mes parents. Pardon pour mes errements, et merci pour tout... »murmurais-je au vent. Je prit mon souffle, et me redressais. Devant moi, le rêve continuait donc, il me fallait donc avancer...


« _Hé bien, ce n'est pas trop tôt! » fit une autre voix, plus forte mais douce néanmoins. « J'ai failli attendre! »
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Message Posté le : Mer 21 Juil - 10:35 (2010)    Sujet du message : Matsiak Ynah Tuifen Répondre en citant

A la guerre, comme à la guerre!




Matsiak se crispa. Derrière cette voix, il y avait tellement de puissance qu'elle suffisait à le figer sur place. Il voudrait l'ignorer que ce serait impossible. Tournant les yeux, il vit un vieil Osamodas goguenard qui le fixait, négligement appuyé sur un bâton, non loin de la frondaison des arbres. Ses vêtements étaient ceux utilisés habituellement pour les cérémonies les plus importantes, mais en dehors de cela, rien ne le qualifiait vraiment de particulier. Il avait ce teint bleu de peau des Osa des origines, et deux énormes cornes poussaient dans son dos, lui donnant l'air d'une créature des Anciens Mythes.
« _Qui... Qui êtes-vous? » souffla le jeune invocateur.
« _Bah! » Fit le vieil Osa en réponse, « Qui je suis importe peu, après tout nous sommes dans un rêve! Plus important est le but de ce rêve, tu ne crois pas? Allons! Cesse de faire cette tête et ferme la bouche, tu vas manger les moustiques, et c'est pas ton boulot! En parlant de boulot, le tiens t'attend, et on n'a pas toute la nuit! Alors ramène ton poussin et tes fesses, y'a un peu de marche à faire! »
Complètement dépassé par le comportement de l'ancien, Matsiak prit son tofu dans ses mains,et le posa sur son épaule avant de suivre le vieillard clopinant et marmonant au milieu des buissons.
Les végétaux changèrent encore, en cela qu'il prirent de la force, et peu à peu, les fleurs fanèrent et devinrent fruits. La nature déjà exhubérante explosa littéralement de vie, et les les deux osamodas et le tofu parvinrent bientôt de l'autre côté du bois.
« _Tu sais... » reprit le vieux au milieu d'une diatribe sur l'incapacité de Sadida à créer des chemins correct en forêt, « Ca fait un moment que je t'observe, et même si a bien des égards tu t'es comporté comme une iopette, tu m'as quand même fait plaisir avec tes trucs sur les invocs de tofus et autres bestioles! »
« _Heu... Je vous demande pardon? » fit Matsiak, pris de court.
« _Bah ouais! Je veux dire,c'est pas évident de se faire obéir de ces petites pestes jaune, non? Ho ils sont adorables, mais quand même, si t'es en panne de sésame, attention les têtes de mules! Alors réussir sans aide à les convoquer comme ça, c'est pas mal! »


Complètement désorienté, le jeune osa peinait à suivre ce qui lui semblait de plus en plus être un vieux fou. Il le regardait sautiller entre les racines et de temps en temps donner un coup de bâton à l'une d'entre elle en la taxant de noms d'oiseaux. La ballade dura un moment, pendant laquelle le vieil osa le charria sur son comportement et lui donnait des conseils pour améliorer sa façon d'invoquer ses créatures, ajoutant ci et là des formules inutiles, mais d'après lui, bien plus classe sur un champ de bataille.


Enfin, après ce qui sembla être des heures, ils s'arrêtèrent devant un village en ruine. La destruction était récente, et matsiak craignit revoir son hameau.... mais non, il s'agissait d'une autre communauté.
« _Ca rappelle des trucs, hein? » murmura sombrement le vieil Osa après quelques minutes de silence. «  Personnellement, ca me donne envie de donner du bâton, mais passons. Le plus important, c'est le résultat. Dans ce village, y'avait pas mal de gens foireux, mais par contre y'avait une gamine bien. C'était prévu qu'elle fasse deux trois trucs sympa, mais sans ses jambes et sans ses bras, ben ca va être dur..... Pour info, c'est le cadavre sur la roue, là au milieu... »


Matsiak, à la vue du spectacle, sentit son estomac se retourner, et rendit son repas sur un buisson.
« _Mouais, quand tu seras sérieux on pourra reprendre, espèce de iopette! » le tança le vieux fou, « Parce que si tu rend ton repas ici, je sais pas ce que tu vas faire plus loin.... »
« _Par Osa, vieux fou, je... AIE! » cria Matsiak alors que le bâton le frappait à la tête.
« _Jure pas, ça m'enerve! Bref, j'avais pas fini! Cette gamine pourra pas faire son taf uniquement parce qu'une bande d'ailés ont décidé de choisir ce patelin comme terrain de boufball. Tu connais le boufball? Non? Faudra qu't'essaie un d'ces quatre! Ca va m'plaire de t'voir bouffer du gazon! Enfin donc, ils ont chargé comme des trools là au milieu et bien sûr, ont rajouté deux ou trois tours de manège. Résultat, pu un piou debout! Tous plumés, jusqu'au dernier oisillon, et je parle pas des autres créatures! Ca va, t'as bien enregistré la scène? Alors on passe à la suite! Et remange pas! »


Le décor changea soudainement. Ils se trouvaient dans une jolie plaine, et rien ne semblait vouloir troubler le calme, lorsque le son d'une corne de guerre retentit, bientôt rejointe par une autre puis une autre et ainsi de suite.
« _Voilà! Regarde-les ces idiots! » grogna le vieil osa en regardant une armée de chevalier rutilants avancer sur eux. « ca porte une armure et une lance, ca fait quelque centimètres de plus parce que ca esclavagise une dinde, et du coup ca se sent obligé de bousiller le paysage! Et les autres derrières sont pas mal dans le genre! » ajouta-t-il sans se retourner.
Le dernier des Tuifen cru bien son nom en voie d'extinction lorsque, après les armées de lumières des anges en face de lui, il vit en se retournant les sombres masses des démons se ruer à la bataille en hurlant.
« _Hé hé, 'sont motivés, les bougres! » se moqua le vieil homme, complètement étranger apparement au fait que les trois compères se trouvaient pile au point de rencontre des deux armées. Adressant une prière à Osamodas, Matsiak se prépara à defendre chèrement son tofu, lorsqu'il se reprit un coup de bâton sur le crâne.
« _On est pas là pour ça, idiot! » gronda l'ancêtre. « En plus on est dans un rêve, je te rappelle, le tiens en plus! » ajouta-t-il alors que les guerriers de plumes et de cuirs les traversaient comme des ombres, coupant le sifflet du jeune invocateur médusé. « Ca, c'est la guerre que tu vois... » reprit le vieil osa. « C'est pas joli, ça sent mauvais, et en plus ça fais mal.... Mais bon y'aurai que ça, je m'en balancerai comme de ma première invoc! Seulement voilà, ces crétins cassent tout, et s'ils continuent, ils vont vraiment tout détruire. Et quand je dis tout, c'est dans le genre définitif! Avec quelques potes, on les avait deja calmé y'a un bail, mais ils remettent ça, et cette fois, c'est pire!
Alors voilà, c'est là que commence ton boulot! »


Matsiak haussa un sourcil, incertain de ce qu'il venait d'entendre. Le vieux fou voulait qu'il arrête ces hordes de cinglés en armure? Non, il avait sûrement mal compris... C'était pas possible que ce soit ça, tout simplement....
« _Ouais, garçon, tu commence à comprendre! Mais bon, chui pas une peau d'porkass, je te donne une direction. J't'ai parlé de mes potes, non? Un peu? Non? Bah c'est pas grave! C'est pas important du tout en fait! Bref, on a mis un plan au point, et même s'il est un peu... enfin pas très.... Bref, il a le mérite d'avoir une chance d'être mené à bien. T'imagine que je vais pas demander à un invocateur de poussin d'aller au feu tout seul, hein? Donc voilà, faut que tu retrouve un type. Un du genre louche. Et maigre. Enfin, plus que maigre. Le genre qu'a plus besoin de régime en fait. A ce que je sais, il se prend pour un sauveur, un Guide, et tu le trouvera partout ou y'a des picoleurs de tout poils. Après, exactement là ou il crèche, j'peux pas dire, c'est pas un de ma famille, alors on échange pas des tofu messagers! Mais bon, t'as chopé le principe, hein? Parfait! Alors debout feignasse! Il est l'heure de se mettre en route! »
Sur ces mots, le vieil Osa grandis démesurément, et dans un rire moqueur et sinistre, termina son monologue en assènant un grand coup de bâton sur la tête du jeune invocateur. Le monde devint sombre alors que Matsiak perdait conscience sous le choc.
« _Encore? » eut-il le temps de penser avant de sombrer. «  Y'en a marre à la fin! »
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Message Posté le : Lun 3 Mar - 02:01 (2014)    Sujet du message : Matsiak Ynah Tuifen Répondre en citant

Sur un coup de dés:




Je sais pas raconter des histoires. Je parie juste sur des événements, essaie de tirer mon épingle du jeu, et lorsque clairement la chance m'abandonne comme une vieille chaussette, je me met a l'abri.Rien de bien héroïque là dedans, encore moins de très glorieux. Mais j'ai jamais prétendu que j'étais courageux.On est ce qu'on est, pas plus pas moins, et on fait ce qu'on peut avec les cartes que l'on a en main.
Cependant, je vais tenter de vous narrer ma vie, telle que je m'en souviens.


« Je suis né il y a plus de vingt printemps, quelque part entre Astrub et Bonta, non loin de la foire du Trool, dans ces contrées ou le jeu semble avoir élu domicile. Mon 
premier cri résonna dans la fraîcheur du soir, alors qu'autour de moi, ma famille applaudissait mon entrée sur cette terre. Les roulottes disposées en cercle et le feu au 
milieu, les chants de nos anciens et les sourires des miens furent mes premières images. Un coup de langue sur le museau, donné par ma mère, provoqua en moi ce ronronnement profond et apaisant qui est la marque de fabrique de notre peuple. Bon, ok c'est pas la seule! Mais demandez à un Sram d'en faire autant, qu'on rigole!


Bref, en gros, mes premières années sont tout ce qu'il y a de plus normales: mes premières gamelles, suivies par mes premiers pas, puis par les inévitables chasses à la bestiole. Papillons, sousouris, et autres pious, tout ce qui était faible et amusant à faire couiner tombait sous ma griffe, à la grande fierté de mes parents. Ces années furent heureuses, et je suis conscient aujourd'hui que j'ai eu de la chance, loué soit le Grand Batteur de Cartes.


Ensuite, dès que mes années furent assez nombreuses, j'appris auprès des anciens les jeux divers et variés qui faisaient la prospérité des miens, enfin... Les jeux et surtout leurs finesses! J'étais assez bon, mais pas suffisamment cependant. Je ne parvenais jamais à tromper un autre Eca, ni même un Enutrof. Bon un Iop, je dis pas, mais y'a aucune fierté à gagner aux cartes contre un Iop. 


Le principe de la Grande Roulette est très simple: tricher pour obtenir son dû est permis. Par contre se faire prendre ne l'est pas, et c'est alors que la chance vous laisse sur un trottoir mouillé. Le genre de truc désagréable en somme, surtout lorsque c'est tout nu et avec un gros coquard. Je vous assure que la première chose que vous faites, c'est de trouver quelque chose à vous mettre, puis de filer pour vous faire oublier.


Cet épisode amusant avec le recul m'est arrivé il y a quatre ans maintenant. Les roulottes de ma famille s'étaient arrêtées non loin de Bonta cette fois, et proposaient aux passants moult divertissements. En échange, ceux ci nous racontaient les histoires du monde, que nous colportions à notre tour. Au passage, nous remplissions nos bourses en vidant celles des pauvres naïfs persuadés que le vieil Eca en face d'eux n'était qu'un pauvre matou gâteux et sans plus de griffes qu'un chaton.


Moi, j'étais jeune. Et un peu trop tête brûlée, surtout après avoir bu. Alors lorsqu'une bande de soldats ivres me proposèrent de les rejoindre dans une taverne de la Capitale Angélique pour une partie de cartes, j'acceptais sans hésiter. Et nous avons joué. Et je gagnais. Pas trop car c'est péché de trop gagner. Et pas vraiment discret. Ils en ont eu marre, et nous avons changé de jeu. Les dés sont arrivés sur la table, et ils m'ont vu essayer de les remplacer. Dommage...


Après une courte, très courte rixe, ils m'ont pris toutes mes possessions, et arraché mes vêtements pour ajouter l'humiliation à la défaite. Puis ils m'ont jeté hors de la
taverne, malgré la pluie battante. Vous voyez? Quand je disais « trottoir mouillé », ce n'était pas qu'une image. J'ai attrapé une vieille couverture sale, me la suis mise en pagne, et j'ai couru jusqu'à retrouver les miens, à qui j'ai dû raconter mes bêtises. Je me suis pris un savon phénoménal. Un du genre qui vous hérisse le poil et vous fait renoncer au jeu pour un bon moment. Mais, lorsque les gardes revinrent pour me mettre en prison pour arnaque caractérisée, ma famille me protégea, prétendant ouvertement qu'un certain Gryff Von Merrow n'avait jamais existé, et que dans leur ivrognerie, les gardes avaient dû confondre avec un panda. Ça ne leur a pas plu du tout, à ces messieurs de la maréchaussée. Ils ont fouillé le campement de fond en comble, cassant la vaisselle, les meubles parfois, déchirants les tentures des lits pour voir si un chat ne traînait pas sous les couvertures. Mais les miens n'ont pas pipé mot, alors que je tremblais dans le faux plafond de l'une des roulottes. Saleté de Gadjos armés!


Lorsque les gardes sont partis, les miens ont rangé en silence le campement, replié les roulottes, et pris la route. Au bout de quelques heures, ils se sont arrêté, m'ont 
ressorti de ma cachette, et repassé un gros savon. Je dû passer des heures à réparer ce qui avait été détruit. Et lorsque cela fut enfin terminé, ils en finirent également
avec moi. Désormais, je n'était plus de leur famille, je devais prendre ma route seul, et trouver ma place en ce monde sans eux. Ils m'ont laissé quelques armes, des vêtements dans un sac, un peu de nourriture et quelques kamas. Et ce fut tout. Les roulottes s'éloignaient, et j'entraperçus furtivement les regards peinés des chatons de la dernière portée me saluer pour la dernière fois.


La seule faute, mais la plus impardonnable que j'avais commise, c'était de m'être fait prendre. Et cela, aucun Ecaflip ne devait subir ce déshonneur. C'était comme insulter la chance elle-même. Au fond de moi, je savais avoir mérité cette punition, et c'était donc seul que je continuerai ma route. »


Voilà pour mon enfance, telle que je m'en souviens. C'est concis, je vous l'accorde, mais ce n'est que parce que ce n'est pas le plus important, loin de là. La suite est bien plus croustillante, amusante, et pleine de rebondissements et de chutes. Mais heureusement que nous autres Eca retombons toujours sur nos pattes! 
Quoi? Vous me dites que je vous spolie la fin de l'histoire? Que grâce à ces derniers mots, vous savez que je m'en suis sorti? Et comment je vous aurais raconté tout cela si j'avais échoué, hein?
Alors rasseyez vous, et reprenez donc un verre, l'histoire est encore longue! 
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Message Posté le : Aujourd’hui à 15:29 (2017)    Sujet du message : Matsiak Ynah Tuifen

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