les compagnons du Destin

 
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L'écriture, la peinture de la voix ~
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Feyn-Yol
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Message Posté le : Mer 19 Mar - 16:35 (2014)    Sujet du message : L'écriture, la peinture de la voix ~ Répondre en citant

Un vent fort soufflait dans les bois de Litneg à l'est de Bonta, une des trois grandes villes du monde des Douze. Il jouait à travers les feuilles des arbres et emplissait la forêt de leurs bruissements, aucun autre bruit était perceptible. Au milieu de toute cette végétation reposait un jeune homme. Les paupières closes et la bouche entrouverte il dormait paisiblement ou tout du moins il donnait l'impression de dormir. Les feuilles qui tombaient des arbres à cause du vent qui sévissait ce jour-là s'amassaient sur le corps du dormeur dont la tête reposait à même les racines d'un arbre. Soudain, une rafale de vent plus violente que les autres s'abattit sur la forêt. Les branches secouées par la brusque rafale laissèrent choir de nombreux fruits dont l'un atterrit sur la tête du jeune homme. Il fronça les sourcils dans son sommeil et porta la main à son front. Doucement il émergea de sa torpeur, frottant machinalement la marque rouge qui ornait à présent son front. 

 
Il jeta un regard encore empli de fatigue autour de lui. La forêt qui s'étendait à perte de vue ne lui disait rien, il ne se rappelait même pas y être entré. Passant la main dans ses cheveux châtains, il tenta de comprendre ce qu'il venait de lui arriver. Hélas, c'était difficile de se souvenir de quelque chose avec l'état dans lequel se trouvait ses neurones. Posant une main sur l'arbre derrière-lui, il se releva en titubant. Ses jambes tremblaient lorsqu'il se remit debout et il dut s'aider de l'arbre pour ne pas tomber. L'effort qu'il venait de fournir n'était pas phénoménale, loin de là, et pourtant il était essoufflé : sa poitrine se soulevait avec force à intervalle irrégulier. Il passa la main sur son front et essuya les gouttes de sueur qui perlait dessus. Comment un si petit effort pouvait le mettre dans un tel état ? C'est comme si la sieste qu'il avait fait l'avait vidée de toutes ses forces. S'adossant à l'arbre sur lequel il s'appuyait déjà d'une main fébrile, il farfouilla dans son sac. Après quelques secondes de fouilles il en ressortit des beignets de greu-vette *** qu'il s'empressa d'avaler et il réfléchit. Il ne savait pas ce qu'il faisait là ni ce qu'il s'était passé, mais cela n'avait pas d'importance. Actuellement il devait juste retourner au quartier général de sa guilde. Il mastiqua machinalement sa nourriture en regardant tout autour de lui. C'était plus facile à dire qu'à faire. Sans savoir dans quelle forêt il se trouvait il lui était impossible de choisir la direction à emprunter et puis il ne voulait pas le faire au hasard par peur de se retrouver encore plus paumé. Le jeune Féca soupira. Si au moins il rencontrait des créatures de cette forêt il saurait tout de suite où il se trouvait. Toutefois, elles ne semblaient pas vouloir le rencontrer et restaient tapis dans l'ombre. Il quitta l'arbre qui le soutenait jusqu'à maintenant et décida que, finalement, le mieux qu'il lui restait à faire était encore de marcher un peu. 

 
La chance lui sourit finalement après seulement quelques minutes de marche lorsqu'une masse informe et sombre émergea de nulle part. Un léger sourire effleura les lèvres du Féca alors qu'il s'accolait à un arbre pour se soustraire du champ de vision de la créature. Prenant gare à ce qu'elle ne le voie pas, il se décala légèrement pour l'examiner. Une touffe de poils hirsutes blanc comme la neige partait de son crâne et parcourait son dos, des morceaux de ferrailles encerclaient ses bras et des dents jaunes et pointues ressortaient d'une gueule bien trop carrée à son goût. Un troll. Un sourire effleura les lèvres du Féca, il savait à présent où il se trouvait : les bois de Litneg. En faisant toujours attention à ne pas se faire remarquer, il s'en alla sans faire de bruit. Lorsqu'il décida qu'il se trouvait à une distance respectable de la bête il s'arrêta et sortit une carte de son sac qu'il déplia. Il parcourut le parchemin des yeux jusqu'à trouver sa position. 

 
« Ici. » marmonna-t-il en posant son index sur un pan de forêt.
 

 
La ville la plus proche de lui et qui possédait un zaap était Bonta : une des deux cités ancestrales avec Brâkmar. Jetant un léger coup d'oeil à la rose des vents qui ornait le coin supérieur droit de la carte puis scrutant ensuite le ciel à la recherche du soleil, il en conclut où se situait sa future destination. Le Féca roula soigneusement la carte qu'il garda fermée à l'aide d'un fin ruban de soie rouge et la rangea dans son sac avant de reprendre sa marche. Le soleil déclinait à l'horizon lorsque les fortifications de Bonta se dessinèrent à travers les arbres. Ravivé à la vue des hautes murailles, le jeune homme pressa le pas et les atteignit en autant de temps qu'il n'en faut pour dire ouf. Alors qu'il longeait la muraille pour rejoindre l'une des deux grandes arches une voix brisa le silence et le fit sursauter. 

 
« Quand est-ce qu'on mange ? » questionna la parabiote avant de se murer à nouveau dans le silence.
 

 
Sa frayeur passée, il ne prit même pas la peine de lui répondre. Après tout à quoi cela servait de répondre à un objet qui répétait machinalement les mêmes questions ? Un frisson parcourut son échine. Il faisait froid. Le jeune Féca jeta tourna la tête vers le soleil, mais il ne vit que le ciel orangé la forêt cachant l'astre diurne à sa vue. S'il ne se dépêchait pas il n'atteindrait pas la porte pour la nuit et se retrouverait coincé à l'extérieur. Il se hâta donc de rejoindre la ville et pénétra à l'intérieur alors que les portes se refermaient derrière-lui. Il laissa un soupir s'échapper de ses lèvres : il était enfin arrivé à destination. Un sourire flottant sur son visage, il se dirigea vers le zaapi le plus proche et c'est sur le dos d'une dragodinde qu'il gagna le zaap de la ville. Un zaap était un système mystérieux qui permettait à ses utilisateurs de se téléporter à l'autre bout du monde en quelques secondes alors qu'il aurait fallut des heures pour le faire à pied. Cependant, ce mode de construction n'était pas gratuit et il fallait débourser une petite somme de kamas à chaque utilisation. 

 
« Hey toi là-bas ! » s'écria subitement une voix inconnue.
 

 
Le jeune Féca tourna sur lui-même, se demandant à qui pouvait bien s'adresser cette voix énergique. Étant donné qu'il se trouvait être la seule personne présente sur la place il en conclut rapidement que l'inconnu s'adressait à lui et à personne d'autre. Seulement où était-il ce mystérieux inconnu ? Il avait beau regarder partout il ne voyait personne. 
  
« Ça te dirait de rejoindre ma guilde ? » reprit la voix.
 

 
Une main squelettique se posa sur son épaule et le jeune Féca sursauta. 

 
« Oh excuse-moi je ne voulais pas te faire peur. » s'excusa le disciple du dieu Sram.
 

 
« Ce n'est pas grave... pas grave ... » ajouta le Féca après avoir regagné son calme.
 

 
Visiblement ce n'était pas sa journée. Entre son réveil dans les bois de Litneg sans savoir comment il était arrivé là et les deux frayeurs qu'il avait vécu jusqu'à maintenant il appréhendait la suite. Ce qu'il ne savait pas c'est qu'il avait raison de s'inquiéter autant, car le pire restait encore à venir. 

 
« Je m'appelle Aldur, disciple du dieu Sram. Je suis en quête de compagnons pour monter ma propre guilde et arpenter de long en large le monde des Douze, cela t'intéresserait-il de te joindre à moi ? » demanda-t-il en souriant de toutes ses dents.
 

 
Enfin c'est ce que le Féca en conclut, car il était difficile de savoir si un crâne souriait ou non. Devant le silence de son interlocuteur le Sram continua sur sa lancée : 

 
« Tu sais, tu n'es pas obligé de me rejoindre pour une longue durée. M'aider à recruter deux ou trois camarades me serait amplement suffisant et je t'en serai éternellement re... »
 

 
« Désolé, mais j'appartiens déjà à une guilde. » le coupa brusquement le Féca.
 

 
Il se sentait désolé de devoir rejeter ainsi la demande du Sram, mais il ne pouvait pas quitter sa guilde comme ça pour rejoindre la sienne. 

 
« Ah ... » lança-t-il dans un soupir.
 

 
Les orbites vides du Sram parcoururent les habits du disciple de la déesse Fécatte et s'arrêtèrent sur son bras droit. 

 
« Tu dis faire partie d'une guilde, pourtant tu ne portes pas de brassard indiquant cette dernière. Tu ne serai pas en train de me mentir par hasard ? Si tu ne veux juste pas m'accompagner tu peux le dire clairement plutôt que te cacher dans des mensonges invraisemblables. » reprit-il en le fixant droit dans les yeux.
 

 
« Je.. je ne mens pas. Je fais réellement partie d'une guilde, si tu ne me crois pas tu peux me suivre jusqu'à la maison qui nous sert de quartier général. » démentit-il aussitôt.
 

 
« Non, c'est bon. Je te crois. Dans ce cas, je vais te souhaiter une bonne soirée et que les dieux veillent sur toi. » lança-t-il par-dessus son épaule avant d'être avalé par la nuit.
 

 
Le jeune Féca soupira. Être en présence d'un Sram le mettait toujours autant mal à l'aise. Il n'arrivait pas à regarder leurs orbites vides et puis regarder une autre partie de leur corps squelettique lui paraissait discourtois. À présent qu'il était seul il jeta à son tour un regard sur son bras, cherchant quelque chose des yeux. Ses yeux s'écarquillèrent légèrement lorsqu'il se rendit compte que le sram n'avait pas menti : le brassard qui était censé indiquer son appartenance à une guilde n'était plus. Paniqué, il fouilla dans son sac une fois puis une deuxième fois avant d'en vider le contenu sur le sol. Rien. Aucune trace du bout de tissu. Dépité, il se laissa tomber sur le dos, soulevant un léger nuage de poussière qui lui arracha un toussotement. Le firmament semblable à un voile noir était piqueté de millions de petite lucioles immobiles qui scintillaient avec plus ou moins d'intensité. Il avait toujours aimé la nuit, la froideur nocturne et le silence qu'elle offrait lui permettait de réfléchir à tête reposée. Plusieurs minutes s'écoulèrent avant qu'il ne décide de se relever et de ramasser le bazard qu'il avait mis autour de lui en répandant ses affaires sur le sol. La disparition de son brassard lui faisait craindre une chose par-dessus tout et il devait en avoir le cœur net. Pour cela, il devait emprunter le zaap pour se rendre sur l'île d'otomaï, car c'est sur cette île et plus précisément sur la plage de cette île que se trouvait la maison principale de la guilde Burning Amnesia, guilde auquel appartenait le jeune Féca.  

 
Lorsqu'il traversa la surface bleutée du zaap les kamas furent automatiquement aspirés de sa bourse et disparurent dans le néant. Devant lui s'étendait une grande route rectiligne sur une dizaine de mètre puis qui se divisait en des dizaines d'autres routes dont l'endroit où elles amenaient était indiqué par un petit panneau à la naissance de chacune d'entre elles. Il lui fallut tout au plus trois bonnes minutes pour atteindre la sortie. Lorsqu'il traversa de nouveau la surface bleutée le décor changea radicalement. Il se trouvait à présent sur une plage de sable fin qui crissait à chacun de ses pas. Autour de lui des dizaines de maison sur pilotis formaient un village rudimentaire. Sûr de la direction à emprunter, il se dirigea vers une des maisons et s'arrêta devant la porte. Le silence qui régnait près de la maison faisait battre son cœur beaucoup trop vite. Il porta une main à sa poitrine et respira profondément pour se calmer. Mais il avait beau respirer aussi doucement qu'il le pouvait, son cœur ne voulait pas se calmer. Le sang tapait contre ses tempes et un bourdonnement incessant emplissait ses oreilles. D'une main tremblante il clencha la porte. Un déclic retentit et la porte tourna sur ses gonds dans un crissement. Le jeune Féca plissa les yeux pour tenter d'apercevoir quelque chose dans la pénombre plus intense qui sévissait dans la maison. Ses lèvres s'écartèrent lentement et ses yeux se retrouvèrent réduits à de simples points puis il tomba à genoux. Vide. La maison était totalement vide. 

 
« Fait chier ! Mais qu'est-ce qu'il se passe ici bordel ! » hurla-t-il à plein poumons.
 

 
Ses poings se serrèrent et il frappa le sol à plusieurs reprises, des larmes coulant le long de ses joues. Brisé moralement et physiquement il finit par s'allonger sur le sol et il sombra dans un sommeil sans rêve. La lune finit par céder sa place au soleil dont les rayons cinglants réveillèrent le jeune homme. La léthargie dans laquelle il avait sombré lui avait fait plus de mal que de bien. De grandes cernes violacées ornaient ses yeux si bien qu'on aurait facilement pu croire qu'il s'était fait battre à mort ce qui n'était évidemment pas le cas. Le jeune Féca plissa les yeux pour protéger ses rétines sensibles de la lumière aveuglante et roula sur le ventre. Il resta dans cet état proche de celui d'une larve plusieurs heures. Des millions de questions sans réponse se bousculaient dans sa tête et il n'arrivait pas à les faire taire. Finalement la faim prit le dessus sur son humeur de chien. Lorsque son ventre gargouilla il se décida enfin à quitter cette maison qui avait vu naître tant de souvenirs pour lui. Même si la maison était abandonnée il prit soin de fermer la porter derrière-lui et se dirigea vers le zaap en traînant des pieds. Une très mauvaise idée puisque ses bottes se retrouvèrent remplies de sables ce qui n'améliora pas l'humeur du jeune Féca. Empruntant le zaap en proférant diverses insultes dans le vent, il regagna la capitale des bontariens. C'est sur la taverne Alakarte qu'il jeta son dévolu et qu'il décida de manger. Peut-être que la nourriture améliorera son humeur et si ce n'est pas la nourriture plusieurs pintes de bière auront l'effet escompté. Comme dans ses souvenirs la taverne était bondée, mais cela ne le dérangeait pas bien au contraire. Il pourrait se servir de cette foule de client pour garder son anonymat, un alcoolique de plus ou de moins ne ferait pas de différence. Commandant le plat du jour et trois choppes d'une bière brassée dans les sous-sols même de la taverne, il s'installa à l'une des rares tables vides. Le serveur revint quelques minutes plus tard avec la commande du jeune homme. 

 
« Voilà pour vous. Bon appétit. » souhaita-t-il au Féca en déposant son assiette et ses choppes devant lui.
 

 
Après avoir englouti ce qu'il avait commandé, le jeune Féca posa sa tête entre ses bras et ferma les yeux. Il avait la désagréable impression de se retrouver sur un bateau au beau milieu d'une tempête comme lorsqu'il avait effectué la traversée pour se rendre sur l'île gelée. Il finit néanmoins par s'assoupir, son esprit vacillant entre conscience et inconscience à la frontière du sommeil et des rêves. Il dormit une heure sans que personne ne vienne le déranger, puis une deuxième. C'est vers seize heures qu'une voix connue retentit près de lui et le réveilla. 

 
« Tu es le Féca de la dernière fois non ? J'ai de la chance de te trouver ici ! » s'écria Aldur.
 

 
Le Féca émergea du sommeil au son de sa voix et ouvrit timidement les yeux avant de relever la tête et plisser les yeux, agressé par la lumières des candélabres et autres bougies qui assuraient l'éclairage de la taverne. 

 
« Ouah … Tu ressembles à un cadavre et crois-moi que j'en sais quelque chose. Ça va ? » s'inquiéta-t-il en dévisageant le jeune Féca.
 

 
Il grommela quelque chose comme quoi rien n'allait en guise de réponse et se leva en titubant. Voyant qu'il manquait de tomber à chacun de ses pas, le Sram vint le soutenir en passant son bras autour de ses épaule et l'accompagna jusqu'aux toilettes où il s'aspergea le visage d'eau fraîche. Le contact du liquide froid sur sa peau lui fit le plus grand bien. Il avait toujours autant mal à la tête, mais à présent il avait les idées plus claires. 

 
« Tu voulais quelque chose ? » demanda le jeune Féca, la tête toujours sous le robinet qui déversait de l'eau en continue.
 

 
« Ah .. euh .. oui ! Je suis venu ici en quête d'une dernière personne pour aller battre un monstre dans son antre. Tu veux être de la partie ? » répondit-il tout sourire.
 

 
« Je ne pense pas que je sois en état de faire quoique ce...» 
 

 
« Mais si, ça te fera le plus grand bien. Un peu d'air pur, du sang, un combat pour te vider l'esprit. C'est le meilleur remède contre la gueule de bois et pour tout plein de truc aussi ! » coupa Aldur en attrapant le bras du jeune féca et en le tirant au-dehors de la taverne Alakarte.
 

 
Dehors, deux aventuriers attendait près de la porte le retour d'Aldur. Ses compagnons stoppèrent leur discussion lorsqu'ils nous virent arriver. 

 
« Te revoilà déjà ? C'est lui la personne que tu cherchais ? » demanda-t-il en lançant un regard sceptique sur le Féca.
 

 
« Non pas vraiment, mais je suis tombé sur lui en la cherchant donc autant le prendre avec nous surtout que nous cherchions un disciple Féca. » répondit-il en haussant les épaules.
 

 
« Peut-être bien, mais il ne m'inspire pas confiance. T'es sûr qu'il va pas s'évanouir à la moindre vue du sang ? » demanda le Iop.
 

 
Le jeune Féca sentit ses poings se serrer involontairement. Cet homme l'exaspérait au plus haut point. Alors comme ça il n'était qu'un vulgaire substitut, une pièce de seconde main ? Pour qui se prenait-il celui-là ? Il n'avait pas un centième de son expérience et il se la ramenait comme s'il avait combattu depuis des millénaires déjà. Ah les Iops. Toujours aussi imbus de leur personne ceux-là. C'était bien la seule chose qui n'avait pas changé depuis son arrivée. Alors qu'il allait lui répondre sur un ton particulièrement cinglant, le Cra qui regardait jusqu'alors l'échange entre Aldur et son compagnon intervint. 

 
« N'écoute donc pas cette brute sans cervelle, ses paroles ne sont que verbiage. » dit-il en posant une main apaisante sur l'épaule du Féca.
 

 
« Hey Ronaan je ne te permet pas de me parler sur ce... » répliqua l'intéressé bien que Ronaan ne semblait pas faire attention à lui.
 

 
« Je me prénomme Ronaan et je suis un disciple Cra. Enchantée de faire ta connaissance. » se présenta-t-il en tendant une main amicale au jeune Féca.
 

 
« Lyn … Feyn-Yol, disciple Féca. De même. » répondit-il.
 

 
« Celui qui ne sait pas tenir sa langue là-bas c'est Bah-Al et tu connais sûrement celui qui nous a tous amené ici... », il marqua une légère pause, «[color=] Maintenant que les présentations sont faites je propose de se mettre en route, les monstres ne vont pas nous attendre des années entières. [/color]»
 

 
« Tu as raison Ronaan, il faut se mettre en route sans plus tardé. Il me tarde de mettre une bonne raclée à quelques créatures en plus de cela. » renchérit le Sram en prenant la tête de leur petit groupe.
 

 
Et c'est tous les quatre que le petit groupe se dirigea vers une île à l'ouest de Bonta continuellement assaillit par des vents glacials : Frigost. La traversée ne se révéla pas être de tout repos, une fois arrivé sur l'île ils durent traverser les champs et faire face à des groupes de boufmouths enragés pour finalement atteindre l'un des transporteur frigostien. 

 
« Bonjour, moi et mes amis souhaiterions nous rendre aux larmes d'Ouronigride. » déclara Aldur lorsqu'ils arrivèrent au niveau du transporteur.
 

 
Un homme portant des vêtements recouvert de fourrure sauta du transporteur et atterrit devant les quatre aventuriers dans un nuage de poussière glacée. 

 
« Les larmes d'Ouronigride hein ? »
 

 
Le vieil homme réfléchit quelques instants puis sortit un papier de sa poche. Il consulta la feuille et la replaça dans sa poche en la froissant. 

 
« Ce sera 5000 Kamas par personne. Si vous acceptez la compagnie Asfog et Fils sera heureuse de vous escorter jusque là-bas en toute sécurité et avec un confort sans précédent. »
 

 
Aldur se tourna vers le reste du groupe. 

 
« Chacun à assez sur lui pour payer la traversée ? »
 

 
Feyn-Yol extirpa sa bourse de son sac et défit le petit cordon de cuir qui la maintenait scellée. Il y avait là-dedans beaucoup plus que 5000 malheureux kamas. De concert, les trois aventuriers hochèrent la tête et donnèrent la somme exigée à Aldur qui se chargea de la remettre à son tour à l'agent de la compagnie Asfog et Fils. 

 
« Bien, tout y est. Bienvenue dans notre transporteur, faites comme chez vous pour la durée de la traversée. »
 

 
Ronaan, Bah-Al, Aldur et Feyn-Yol montèrent dans le transporteur à la suite de l'homme et entreprirent leur voyage jusqu'aux larmes d'Ouronigride. Une fois descendu du transporteur et avoir traversé l'étendu des larmes jusqu'à un endroit appelé l'Hypogée de l'Obsidiantre, ils se concertèrent un moment. 

 
« Quelqu'un est déjà venu ici ? » demanda Aldur.
 

 
« Personnellement non, et je ne crois pas que Bah-Al l'ait déjà fait aussi. » répondit Ronaan.
 

 
« Jamais. » affirma le Iop.
 

 
« Je suis déjà venu ici. »
 

 
Le jeune Féca s'attira de nombreux regards surpris de la part de ses compagnons. Visiblement, le fait qu'il soit déjà venu ici et ait triomphé de la créature qui se terrait au fond de ce donjon avait quelque chose d'exceptionnel à leurs yeux. 

 
« Je me suis battu jusque dans la ruche du Glourscéleste pour être exact. » ajouta-t-il.
 

 
Le Cra émit un petit sifflement admiratif. 

 
« Voilà qui devrait faire réviser le jugement de notre cher ami. » répliqua Ronaan en jetant un regard en biais à Bah-Al.
 

 
« On sait juste qu'il ne s'évanouira pas en combat c'est tout. » grommela l'intéressé.
 

 
« Tu te rappelles comment c'était à l'intérieur? » demanda Aldur en se rapprochant de Feyn-Yol.
 

 
Le Féca commença alors à relater son ancien parcours sur Frigost et expliqua à ses compagnons les différents dangers et créatures qui les attendaient à l'intérieur du donjon ainsi que la façon de les combattre le plus efficacement possible. Les trois aventuriers l'écoutaient attentivement, avalant le flot continu de ses paroles et s'abreuvant des connaissances qui les intéressaient comme la portée de leurs attaques, les éléments auxquels ils étaient sensibles ou encore les différents envoûtements qu'ils étaient capables d'infliger. Une fois son explication terminée, ils hochèrent la tête et se levèrent de conserve. 

 
« Et bien, avec toutes ses informations on devrait y arriver sans trop de mal non ? »
 

 
Un sourire illumina leur visage et ils pénétrèrent dans l'antre de la bête. 

 
Ils n'eurent aucun mal à vaincre l'Obsidiantre et enchaînèrent aussitôt sur le Tengu Givrefoux. Ce dernier leur posa plus de problèmes, mais il réussirent néanmoins à le vaincre et s'accaparèrent sa fourrure et autres ressources qu'ils ramassèrent sur son cadavre. Les jours qui suivirent leurs activités variaient entre un repos bien mérité, la collecte de ressources ou le nettoyage de plusieurs donjons. Dans ce monde, les monstres réapparaissent continuellement et on a beau tuer encore et encore les créatures 'uniques' qui se terrent dans un donjon, elle reviennent encore et toujours pour le plus grand bonheur des aventuriers en quête de batailles et de sensations fortes. Des liens d'amitié se formèrent entre les quatre aventuriers et Feyn-Yol se prit même à apprécier la compagnie de Bah-Al même si par moment ce dernier l'insupportait. Seulement … Toute bonne chose à une fin … Et la fin qui arriva ce jour-là aurait pu être digne de la plus grande pièce tragique du monde des Douze. Devant ses yeux, il vit périr un à un ses compagnons avant de s'effondrer à son tour. Mourir aurait été une bonne chose pour lui aussi, mais le destin en avait décidé autrement. Il devrait vivre, continuer à vivre avec ce poids dans son cœur qui le tirait vers le bas, qui vidait son existence de toute forme de joie et ne laissait qu'une coquille vide autrefois appelée Feyn-Yol. 

 
Cela devait bientôt faire trois semaines que le jeune Féca errait à travers le monde des Douze, déversant sa peine et sa rage dans le combat. Alors qu'il arpentait une des rues d'une des villes, les bruits assourdissants provenant d'une maison attirèrent son attention. Il tourna la tête en direction de la maison et de son pas las s'en approcha. Discrètement, il scruta l'intérieur à travers les fenêtres dont les volets n'étaient pas tirés. Pendant un instant, il redevint celui qu'il était, mais cet instant ne dura pas plus de quelques secondes et toute joie quitta de nouveau ses yeux sans vie. Toutefois, la graine de l'espoir qu'il redevienne comme il était avant avait été plantée profondément au fond de lui et les jours passant elle grandit de plus en plus. Un soir, il se surprit à repenser à ce qu'il avait vu et les soirs qui suivirent, inconsciemment, il repassait devant cette maison, jetant des coups d'oeil à l'intérieur pour s'imprégner de l'atmosphère qui l'emplissait avant de disparaître dans le silence de la nuit. Le soir fatidique finit par arriver. Il devait être aux alentour de trois heures du matin cette soirée-là. Une ombre s'approcha de la maison que Feyn-Yol avait pris habitude d'épier inconsciemment. L'ombre s'approcha de la porte à pas feutrés et tourna la poignée. La porte s'ouvrit et l'ombre s'infiltra à l'intérieur. Elle slalomma à travers les tables et les bancs, accrocha un bout de parchemin à l'un des murs et disparut.
 

 
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Bwef la partie rp est terminée ! (Yaura un bonus si vous voulez) 
Revenons en donc à mon personnage ! Dans le monde des Douze j'incarne un disciple Féca de cercle 199 est affilié aux éléments feu et terre, mais surtout à prédominance feu à vrai dire. J'évoluais jusqu'alors sur le serveur Rykke-errel où j'ai rejoint seulement deux guildes : la Wild Garden que j'ai été contraint de quitter suite à différentes altercations qui ont brisé la guilde et la Burning Amnesia la guilde créée par ceux qui ont quitté la Wild Garden, des personnes que j'appréciais énormément. Enfin, plusieurs événements ont fait que j'ai effectué une demande de transfert de personnage et je suis finalement arrivé sur Bowisse pour rejoindre un ami IG. Ah, avant Rykke-errel j'évoluais sur Kuri, c'est d'ailleurs là-bas qu'est né ce personnage il y a de cela 6 ans maintenant ! 

 
Niveau stuff, je vais vous épargner les screens traditionnels et juste vous lister mes items : Coiffe Glourscéleste, Voile d'encre, Ceinture Hanium, Gelano, Kralano, Frimanneau (suivant si je joue en 12/6 ou 11/5), Panoplie Otomaï et une dinde Amande et Emeraude. 

 
Niveau caractéristiques, je suis parchotté quasiment 101 partout (seulement 79 en vita et en chance) et niveau sort je n'ai parchotté que retour du bâton au level 6, le reste ne devrait pas tarder à suivre. 

 
Sinon, vous vous demandez pourquoi je fais cette candidature aujourd'hui pour vous rejoindre ? C'est assez simple à vrai dire : j'aime bien le rp ! Cela peut sembler être une raison succincte mais c'est la motivation qui me pousse à vous rejoindre, j'ai aussi eu le plaisir de parler avec un des co-meneur ce qui a renforcé ma décision de poster ma candidature. Mais pourquoi devriez-vous m'accepter parmi vous ? À vous de le décider !  

 
Je n'aime pas trop m'étendre sur la vie réelle surtout lorsque je ne connais personne comme ici, donc je dirai seulement mon âge : 18 ans, mais une présentation plus complète viendra plus tard ! 

 
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Bonus : (Totalement optionnel) 

 
 
D'un coup de pied une couette traversa la pièce pour finir son envol sur un des lits voisins. Eleyon bailla et regarda autour de lui. *Tout le monde est déjà parti hein ? Ce qui veut dire que … je suis en retard ...* Même s'il était conscient de son retard, l'élève ne chercha pas à accélérer ses mouvements, bien au contraire il sembla faire ses ablutions matinales en prenant tout son temps. *Quitte à être en retard autant l'être le plus possible* Un nouveau baillement décrocha la mâchoire de l'apprenti dévoilant la blancheur de ses dents. Une serviette attachée autour de la taille, il se dirigea vers son armoire à la recherche de quoi se vêtir car en l'instant même il était seulement couvert d'une serviette et de sa peau. 


Eleyon s'affubla d'un pantalon en toile de jean et d'une chemise. Il n'aimait pas particulièrement porter des chemises, mais la chaleur qu'il faisait dans la chambre indiquait qu'aujourd'hui le soleil était au rendez-vous et pour rien au monde il ne voulait transpirer dans une veste. S'il devait transpirer, autant le faire le moins couvert possible. Il s'avança vers le miroir collé contre une des portes de son rangement personnel. Il ajusta le col de sa chemise avant de retrousser légèrement ses manches et d'ouvrir son col d'un bouton supplémentaire. Au moins comme ça il n'aurait pas chaud et il profitera de l'astre diurne. Après avoir pris le soin de remettre en ordre son lit dont la couette avait fait un voyage inopiné, il ouvrit le tiroir de sa table de nuit à la recherche de quelque chose.


Le jeune homme déambulait maintenant dans les couloirs à la recherche de sa salle de cours. S'il se rappelait bien il avait quelque chose comme un cours de langue. *Encore une de ses matières inutiles, pourquoi s'embêtent-ils à nous apprendre à orthographier correctement des mots ? La plupart des personnes de l'académie n'écrivent même plus, les élèves préfèrent combattre qu'étudier. Dans un sens, je les comprend …. Se mouvoir ou rester immobile ? Le choix est vite effectué* L'élève se rapprochait lentement de sa salle. Les couloirs étaient déserts, il avançait accompagné du bruit de cliquetis que répandait sa chaîne à chacun de ses mouvements. L'élève s'arrêta la main sur la poignée, devait-il la tourner pour entrer ou attendre et entrer incognito lors du prochain tour ? N'étant pas d'humeur à attendre les diverses remontrances que pourrait lui administrer le professeur de français il attendit patiemment que toute la classe sorte pour se mêler à la foule. De cette façon, Eleyon put atteindre le cours d'Histoire sans se faire remarquer. Apparemment son absence au cours précédent était passée inaperçu, il faut dire que peu de personne se souciait de lui en cet instant, mais cela lui était bien égal.


« Et c'est ainsi que la guerre fut remporté par les ... » 



Il n'entendit pas la suite de la phrase, le baillement qu'il tentait en vain d'étouffer lui bouchait les oreilles lui donnant l'impression qu'elles étaient remplies de coton. Une sensation très bizarre. Il chercha une pendule des yeux, aucune à l'horizon il ne savait même pas si la Deus Academia avait une salle de cours équipée d'une horloge. Il lui semblait qu'une éternité s'était écoulé depuis qu'il s'était assis à sa table, pourtant la sonnerie n'avait toujours pas retenti. Il croisa les bras et fourra son visage dans l'abri protecteur qu'ils formaient. Il y faisait sombre, seul quelques légers rayons réussissaient à traverser l'espace restreint entre ses bras et la table. Les paupières d'Eleyon se firent de plus en plus lourdes se fermant inexorablement. L'esprit du jeune homme oscilla rapidement entre conscience et inconscience.


De doux rêves entourèrent le jeune homme le plongeant dans une béatitude totale. Mais ses agréables rêves laissèrent rapidement leur place à des rêves nettement moins gai. Des visions de son passé l'assaillirent cherchant à le déstabiliser. Il courait dans la forêt échappant à ses poursuivants, le corps rompu et pourtant il continuait sa course effrénée luttant pour sa survie. Eleyon s'agita sur sa table. Les images qu'ils voyaient apparaître se fissurèrent et laissèrent place à un décor sinistre, lugubre. Une silhouette sans forme distincte se matérialisa aux bord de son champ de vision. Elle s'approcha lentement, pas après pas jusqu'à arriver à la hauteur du jeune homme. Il n'arrivait pas à la distinguer correctement, ses contours étaient irréguliers comme enveloppés dans la brume et elle semblait dessinée par un enfant.


« Te complais-tu dans ce corps ? Quand je pense qu'un être aussi insignifiant que toi a le contrôle du corps qui me revient de droit... »

« Qui es-tu ? »

« Ne me regarde pas avec cet air hagard, imbécile. C'est évident non ? Je suis toi, comme toi tu es moi. Nous ne faisons qu'un même si tout nous oppose. »

« Tu es moi ? »

« Tu as d'autres questions idiotes à me poser, surtout que je t'ai répondu juste avant. »
 



La présence dirigea pressa sa main contre la gorge d'Eleyon le privant d'oxygène.



« Pour l'instant tu as le contrôle de ce corps, mais il ne sera pas tien éternellement. Je profiterais de n'importe quel moment de faiblesse de ta part pour te le subtiliser. » 



L'étreinte de la silhouette inconnue s'accentua, l'apprenti chercha à y échapper sans succès. Le manque d'oxygène se faisait de plus en plus présent, sa vision devint floue et ses bras qui cherchait à desserrer cette main tombèrent le long de son corps.



Eleyon reprit conscience dans un sursaut, relevant la tête brusquement et inspirant une grande quantité d'oxygène. Son regard embarrassé par son cauchemar parcourut la salle du regard : elle était vide, pas âme qui vive. La végétation avait peu à peu pris le dessus sur les murs dont une partie s'était effondrée. Mais où était-il ?

La chaise grinça lorsque le jeune homme se leva. Il reconnaissait la pièce où il se trouvait, c'était la salle de classe où il avait eu cours précédemment. Cependant, elle avait quelque peu changé. Les murs étaient maintenant recouverts de lichen et de lierre, le dallage de la pièce était fissuré en de nombreux endroits. De nombreuses plantes avaient profité de ces failles pour pousser et étendre leur feuillage dans toute la pièce. Eleyon avançait en direction du mur lorsque son pied, n'ayant plus rien pour se stabiliser, s'enfonça dans le sol. Surpris, il eut juste le temps de se rattraper à une table voisine. Sortant son pied du piège invisible, il débarrassa le sol de son tapis de verdure rendant visible un crevasse béante longue de deux mètres. Il déglutit péniblement à la l'idée qu'il aurait pu facilement tomber dedans et qu'il avait eu une chance énorme d'y échapper.


Reculant de quelques pas, l'élève prit son élan et sauta par-dessus la crevasse, se réceptionnant parfaitement de l'autre côté. Il avançait maintenant prudemment, s'aidant de son pied pour déblayer le sol des multiples feuilles de fougères qui le recouvraient. A peine eut-il fait un pas à l'extérieur via l'ouverture dans le mur que le soleil darda sur lui ses rayons brûlants, assommants. Se protégeant à l'aide de son bras, Eleyon analysa la situation dans la quelle il se trouvait. *A la vue de l'état dans lequel se trouve les locaux je ne suis pas dans la même époque qu'à mon arrivée à la Deus. En y pensant, à quelle époque suis-je arriver ? Je ne le sais même pas … Je n'ai aucun repère temporel pour me situer*


La plupart des bâtiments étaient eux aussi à l'état de ruine : le toit en dôme de la cafétéria n'existait même plus, il s'était totalement effondré et d'autres bâtiment avaient connu un sort tout aussi tragique. Tout ce qui avait fait la splendeur de l'académie était maintenant défiguré laissant place à des paysages hostiles. Les jardins où de nombreuses variétés de fleurs poussaient en liberté avait laissé place à une terre aride où ne poussait que des ronciers et autre mauvaises herbes. Attristé, c'était le mot qui définissait le plus l'état d'esprit d'Eleyon en ce moment. Il n'avait pas profité longtemps des charmes de l'école, mais il avait su les juger à leur juste valeur dès le départ.


Il déambula dans le territoire de la Deus à la recherche d'une âme emplie de solitude comme la sienne à l'heure actuelle. Oui, il était seul, il n'y avait pas âme qui vive même pas une créature magique.


« La solitude est un jardin où l'âme se dessèche, les fleurs qui y poussent n'ont pas de parfum ... » murmura Eleyon pour lui -même. 



Il avait vu cette citation dans un des livres de la bibliothèques. C'était triste comme elle s'accordait si bien avec ce qu'il advenait de lui et de l'académie. Eleyon était abattu par ce spectacle désolant. Il se força à fermer les yeux pour réprimer les quelques larmes qui montaient en lui et dirigea ses pas vers le portail. Il ne pouvait plus voir l'académie dans cet état. Alors qu'il s'approchait à grand pas du portail, des grognements se firent entendre au loin. Il n'y prêta pas attention, trop abattu en l'instant présent pour lever le regard de ses pieds et se confronter à un avenir incertain.


La main du garçon se posa sur le portail et il resta un moment ainsi, silencieux, écoutant le vent faire bruisser les feuilles. Le portail grinça sous la pression croissante qu'exerça le jeune homme, ouvrant ses portes sur des terres inexplorées. Sans un regard en arrière, il avança sur la route avant de quitter le chemin de terre battue pour s'aventurer entre les arbres millénaires de la forêt.


La végétation était luxuriante, l'air embaumait différentes senteurs. Elles éveillaient quelque chose en lui, il avait déjà ressenti cette impression. A son arrivée, lors de sa rencontre avec une des élèves, son parfum avait éveillait en lui une partie animale qu'il ne connaissait pas. Le phénomène se réitérait aujourd'hui et ce n'était pas pour lui déplaire. Ces instincts qui se réveillaient en lui donnaient au jeune garçon une impression de liberté éphémère. Enivré de toutes ces odeurs qui arrivaient à ses narines, Eleyon perdit rapidement son chemin. Le jeune homme dirigea son regard vers le ciel, mais son regard ne rencontra qu'une voûte de feuilles que formait la canopée. Il marcha donc, esseulé au milieu de tous ces arbres.


Les hurlements reprirent de nouveau, cette fois-ce plus proche, beaucoup plus proche. Eleyon se retourna en un instant le cœur battant à tout rompre, il avait entendu des bruissements, il en était sûr, il n'était pas seul ici et la présence ne lui voulait certainement aucun bien. L'apprenti-Dieu la sentit près de lui, il dirigea son regard dans la direction d'où elle semblait être la plus forte, deux yeux jaunes le fixaient. Ils luisaient dans la pénombre environnante. La bête s'approcha de lui et grogna, un filet de bave s'échappa de sa gueule dotée de deux rangées de dents pointues et acérées comme le fil d'un rasoir. Ses griffes labouraient la terre à chacun de ses pas. Il n'arrivait pas à ranger ce « monstre » dans une catégorie. Il n'avait pas de poil, ni d'écaille, sa peau à nue était parsemée de pics long d'une vingtaine de centimètres et dont l'extrémité était perlée de petites gouttes minuscules. La bête s'élança, toutes griffes dehors, sur le jeune garçon arrachant à la terre de nombreuses herbes qui volèrent dans le ciel poussées par les alizés qui soufflaient.

Elle avançait vers lui, martelant le sol de ses énormes pattes. Gueule grande ouverte elle se jeta sur Eleyon, mais ses mâchoires se refermèrent dans le vide en un CLAC retentissant. Le jeune garçon avait effectué ce qui sembla être une roulade sur le côté car il se retrouva le dos collé au tronc rêche d'un arbre, les jambes formant un arc de cercle au-dessus de sa tête. L' 'hérisson' tourna la tête vers lui apparemment énervé d'avoir loupé sa cible. A l'aide d'un saut de carpe l'apprenti-Dieu fit face à la créature. 

D'une rapidité incroyable, la bête fonça sur lui, il eut à peine le temps de se protéger avec son katana non dégainé qu'elle refermait ses mâchoires sur le fourreau. Il se brisa en un éclair comme s'il n'avait été qu'un vulgaire brindille dans les mains d'un adulte. La lame resta cependant intacte, elle était résistante ce n'était pas qu'une babiole, une épée d'entraînement. D'un mouvement de la tête, la lame fut arrachée des mains de son porteur avant d'être envoyé valdingué entre les racines d'un arbre. Le buste du jeune garçon fut plaqué au sol par la patte du monstre. La pression s'accrue sur son thorax alors que la bête rapprochait sa tête de la sienne, de près comme de loin d'abord sa gueule ressemblait à une fosse béante.

Il fronça le nez, il se prenait l'haleine pestilentielle de l'animal en plein dans le visage, un mélange de viande avariée et de chair en décomposition, rien de bien appétissant n'est-ce pas ? Rassemblant toutes ses forces dans sa jambe gauche, Eleyon balança sa jambe dans l'abdomen de la bête lui arrachant un cri de douleur aiguë. Profitant de l'instant de surprise mêlée de douleur qui terrassait actuellement la bestiole, Eleyon se jeta sur son katana et se releva tout aussi vite l'arme empoignée d'une main ferme. Il fit de nouveau face à la bête qui entre temps s'était relevée, ses yeux luisaient d'une rage incommensurable. Plaçant la lame de son katana entre eux pour se protéger, il se déplaça lentement sur le côté pour se dégager une issue au cas où le combat tournerait mal. Ses yeux le fixaient toujours cherchant sûrement à le jauger. Il ne devait pas craquer, ne pas détourner le regard ou la bête comprendra qu'il était sûrement plus faible qu'elle et elle aura un avantage psychologique sur lui se croyant, de ce fait, plus forte.

Elle semblait douée d'une intelligence peu commune dans le monde animal, il ne devait pas lui laisser le temps d'élaborer une stratégie précaire. Eleyon s'élança vers le monstre dans l'intention simple de l'occire en un coup. Mais tout ne se passe comme on veut, il balança son katana de gauche à droite, fracassant une grande partie des épines ponctuant le dos de l'énorme hérisson. Cependant, les épines étaient plus dures que prévu et le choc de l'attaque se répercuta dans tout son corps, le paralysant momentanément. La bête profita de cet instant de faiblesse pour l'attaquer, ses griffes arrachèrent de grand lambeaux de peau sur son bras gauche avant que ses mâchoires ne finissent le travail en se refermant sur les plaies fraîches.

L'enchaînement arracha un cri de douleur à Eleyon. Dans un geste désespéré, il agrippa fermement son katana et tenta d'asséner un coup de taille de toute ses forces sur le cou mis à nu de la bête. La lame s'enfonça comme dans du beurre avant de ressortir par l'épaule droit de la bête sectionnant le muscle cardiaque sur son passage. L'animal lâcha prise et s'affala de tout son être dans l'herbe. Le bras d'Eleyon étaient maintenant couvert de sang, ses bandages en étaient complètement imbibés, il ruisselait sur le sol se mélangeant avec celui de son adversaire. L'affrontement avait recoloré toute la végétation d'une belle couleur carmin sur 2 mètres à la ronde.

L'apprenti-Dieu arracha une partie de la manche de sa chemise pour s'en fabriquer une attelle. Précaire certes, mais elle soutiendrais son bras meurtri pendant qu'il cherchait la trace d'une civilisation. Il avança à travers les arbres millénaires sans apercevoir le moindre humain, juste quelques créatures qui s'enfuirent à son arrivée. Il faut dire que sa tête faisait assez peur et son apparence n'arrangeait rien. 

Cela faisait une heure qu'il marchait, pourtant il lui semblait que cela faisait des jours et des jours, son bras le lançait, l'attelle ne calmait en rien la douleur. Le glougloutement d'un torrent parvint aux oreille du semi-loup accompagné de l'odeur de poisson et d'autres victuailles. De la nourriture, il avait faim, depuis combien de temps n'avait-il pas mangé ? Seulement deux heures ? Impossible, il avait trop faim pour qu'il se soit restaurer il n'y a pas si longtemps. Eleyon écarta un buisson de son chemin dévoilant par la même occasion un cours d'eau d'où provenait l'odeur qui l'avait conduit ici. Le courant était fort, pourtant de multiples poissons sautaient par-dessus la surface de l'eau se fichant éperdument du courant, le remontant comme s'il ne s'agissait que d'un faible filet d'eau. L'odeur alléchante du poisson frais fit naître en lui une envie insatiable de poisson, arrachant son attelle il courut vers le cours d'eau pour attraper, à mains nues, son repas. La pêche ne fut pas très fructueuse et le jeune garçon attrapa seulement trois poissons. Cependant, ces trois poissons furent plus que suffisant pour calmer son estomac affamé. 

Un arrête coincée entre les dents, il s'adossa contre un arbre brodant le torrent et inspecta ses plaies. Elles étaient beaucoup plus nettes à présent, lavée par l'eau fraîche du torrent il pouvait maintenant estimer les dégâts qu'avaient fait la bête. De grandes lacérations parcouraient son avant-bras vestiges des griffes et étaient parsemées de multiples entailles rondes rangées en deux rangées parallèles. D'après les étudiants de l'académie, les blessures magiques étaient les seuls blessures capables de blesser profondément un demi-Dieu. Devait-il associé les blessures de la défunte créature à des blessures magiques ? Dans tous les cas, les blessures finiraient bien par guérir toutes seules même si ça prenait du temps.

Il se leva et cracha l'arrête. Puis, il leva la tête vers le ciel maintenant piqueté d'innombrables lucioles. Les étoiles … Elles avaient toujours été une source de fascination pour lui, il aimait se perdre dans l'immensité du firmament. Pendant trente minutes il resta ainsi immobile, le regard tourné vers le voile céleste qui englobe tout ne faisant qu'un avec tout, synonyme d'harmonie pour tous. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas admiré la beauté de ce spectacle, après tout, à l'académie il n'avait pas encore trouvé le temps pour ni l'état d'esprit d'ailleurs. En fin de compte, ce saut temporel, comme il le pensait, lui était bénéfique.

Retenant un soupir de satisfaction face à ce ciel nocturne, l'élève reprit le chemin de la forêt toujours à la recherche de la trace même infime d'un humain ou d'une humaine d'ailleurs. Il se frotta les yeux, sa vision se faisait de moins en moins nette. En y pensant, cela faisait un moment qu'il ne ressentait plus de douleur, enfin qu'il ne ressentait plus rien dans son bras droit. Sa vision se fit encore plus trouble et il s'effondra. Blessé et seul dans la forêt, qu'allait-il bien pouvoir advenir de lui ?

Des bruits de sabot résonnèrent dans la forêt, trois personnes chevauchaient les animaux à l'origine de ce phénomène sonore. Ils galopaient à travers les arbres, filant comme des comètes dans la voie lactée. La cavalière du milieu, une femme aux yeux ambrée et à la chevelure rousse tourna la tête à droite et à gauche et fit un signe à ses compères. L'homme de droite acquiesça d'un hochement de tête et s'écarta du reste du groupe, effectuant un détour par l'est alors que celui de gauche en effectua un par l'ouest. Les trois cavaliers traversèrent une barrière érigée par des buissons en même temps, synchronisés et atterrirent sur le lieu du combat d'Eleyon. Les sabots des chevaux clapotaient dans la mare de sang qui se répandait du thorax ouvert de l'animal. Les chevaux hennirent à sa vue et roulèrent des yeux. Les cavalier essayèrent d'apaiser leur monture, en vain, ils les attachèrent à un bosquet protégé par la barrière de buisson. La femme s'approcha du cadavre de la bête puis sur les alentours avant de se retourner vers ses compagnons.


« L'affrontement a dû être rude vu la mare de sang qui s'étend ici. Je me demande bien quelle créature a bien pu avoir l'avantage sur celle-là, ce n'est pas un monstre inoffensif. » 



Son compagnon ôta sa capuche pour se pencher et attraper un des bandages d'Eleyon. Il le montra à sa comparse.


« Créatures ou humain plutôt ? »

« Ne dis pas de sottises ! Tu sais très bien que peu d'homme sont capable de vaincre une de ces bestioles et encore moins tout seul. »

« Ce bandage reste néanmoins une preuve irréfutable qu'il y avait un humain ici. Il n'a sûrement été qu'un spectateur de ce carnage entre deux bestioles se trouvant au sommet de la hiérarchie magique, trop apeuré pour faire la moindre chose. »

« Tu as sûrement raison Wijjiz. Nous devons toute fois le retrouver. »
 



Elle montra du doigt les pics sectionnés.


« S'il a été en contact avec le poison qui remplit ces épines alors il ne doit plus lui rester très longtemps à vivre. Il en revient de notre honneur de l'aider ! » 



Les deux hommes hochèrent la tête face aux paroles de la jeune femme, elle avait raison, il en revenait à l'honneur de leur pays d'aider cette personne même si elle n'était qu'un incapable doublé d'une lopette. Le petit groupe remonta sur leur selle respective avant d'avancer au pas, suivant à la trace les déplacements d'Eleyon. Ils parcoururent le même chemin que le sien, pour arriver au torrent où il s'était rassasié précédemment.


« Il s'était arrêté ici pour manger, il ne doit pas être aussi mal en point qu'on le croyait. A quoi ça sert de chercher quelqu'un qui a fuit comme un lâche ? » railla le troisième homme qui jusqu'alors s'était tu, tout en shootant dans les arrêtes, restes du dernier repas de l'apprenti-Dieu. 



La femme qui semblait être à la tête des deux autres le fusilla du regard avant de répliquer d'un ton peu amène.


« Je n'en ai strictement rien à faire, on le retrouve un point c'est tout ! Même s'il n'est pas blessé je veux savoir qu'est-ce qui a tué une créature aussi puissante. » 



L'homme lui tourna le dos et agita sa main dans les air au niveau de sa tête.


« Très bien, on fera comme tu voudras Suzumi, pas la peine de prendre la mouche comme ça » répliqua-t-il, un sourire imprimé sur ses lèvres. 



Sur ces paroles teintées de moquerie les cavaliers remontèrent sur leur monture avant de repartir sur la piste de l'apprenti-Dieu. La suite du trajet ne fut pas longue car Eleyon s'était évanouie peu de temps après s'être remis en marche. Ils arrêtèrent leur monture à quelques mètres de l'élève inconscient. La prénommé Suzumi s'avança vers le corps d'Eleyon et posa ses doigts sur le côté de sa gorge.


« Il est mort ? » questionna Wijjiz

« Nan, il est faible, très faible même, mais son cœur bat toujours. Viens et aide-moi à le transporter, on va l'installer sur ma selle je monterais avec lui. »
 



Wijjiz et Suzumi installèrent l'apprenti-Dieu sur la selle de cette dernière. Elle monta à sa suite, tenant les brides de façon à soutenir le corps inanimé du jeune garçon. Le petit groupe prit la route de la capitale, du bastion de la résistance, Kokarusou. Une ville fortifiée dans la montagne accueillant la quasi totalité des habitants de Tempesta, dernier pays des Terres d'Argent. Arrivé au château qui surplombait la ville, le pont-levis s'abaissa et les portes s'ouvrirent laissant tout juste l'espace nécessaire aux quatre personnes pour passer. Les trois cavaliers s'arrêtèrent dans une sorte de cour intérieur. Une fontaine les éclaboussait légèrement et envoyait voler de nombreuses gouttelettes qui formaient autant de miroir renvoyant les images du cadre paradisiaque de la cour intérieure. Divers espèce de rose et de tulipe poussaient dans ce jardin alternant des senteur et des couleurs qui auraient ravis les pupilles et les narines de notre semi-loup. Une armée de domestique s'approchèrent des cavaliers pour les débarrasser de leurs fardeaux, en l'occurrence du corps d'Eleyon.


« Emmenez-le dans une pièce chauffée et qu'on y fasse venir le magicien pour savoir si il peut encore le sauver. Appelez-moi dès qu'il se réveille, j'ai des questions à lui poser, ou s'il est mort » ordonna Suzumi aux multiples domestiques qui se présentaient devant elle. 



Ils opinèrent du chef avant d'obéir aux ordre de leur maîtresse et de transporter l'apprenti-Dieu. Ils le firent traverser d'innombrables couloirs et d'escalier avant de le transporter dans la pièce qui lui était attribuée. Ils le déposèrent dans le lit avant de reposer les couvertures sur son corps glacée. Lorsqu'Eleyon émergea du coma dans lequel il était plongé jusqu'à maintenant, la pièce où il se trouvait était vide. Un feu crépitait joyeusement dans l'âtre d'une cheminée, faisant danser les ombres sur les murs.


« Il devrait bientôt se réveiller, ne vous inquiétez pas. J'ai trouvé ceci sur lui et ses plaies étaient couvertes de poison d'Adamankelhon. » 



Le silence retomba momentanément avant d'être brisé par une voix féminine.


« C'est bien ce qu'il me semblait, faîtes moi savoir dès qu'il sera réveillé. Je veux être la première personne à le voir, quelqu'un qui survit à un affrontement avec un Adamankelhon ne court pas les rues. »

« Il semble avoir suscité votre intérêt, ma dame. »

« Ne vous méprenez pas sur mes intentions à son encontre, je ... »
 



Le reste de la phrase se perdit dans le brouillard du sommeil qui enveloppa le jeune garçon.

Ses paupières s'ouvrirent de nouveau sur l'intérieur de la pièce permettant à un flot de lumière de l'éblouir. Il cligna des yeux de nombreuses fois avant de s'être habitué à la luminosité ambiante. Le décor n'avait pas changé depuis son dernier et premier réveil dans cette pièce, dans l'âtre dansait toujours de magnifiques flammes. Son regard fut attiré par une belle demoiselle qui était assise sur une chaise, face à la fenêtre dos à lui, regardant le ciel limpide. Eleyon se redressa dans son lit cherchant à s'adosser contre la tête de ce dernier. Le bruit des couvertures alerta la jeune femme qui se retourna vers lui faisant ondoyer sa chevelure de blé.


« Je vais prévenir dame Suzumi de votre réveil. » 



La domestique s'inclina face à lui avant de sortir en trombe de la pièce. Il la regarda quelque éberlué par sa beauté mais aussi sa façon de se mouvoir. Il n'en revenait qu'une personne ayant autant de grâce ne soit qu'une vulgaire domestique ou alors il avait plus d'importance qu'elle dans ce royaume. Tout en se massant la nuque endolori de sa main droite il examina ses blessures, elles avaient quasiment toutes cicatrisées. Au final, il avait eu raison quand il avait dit qu'elle guériraient toute seule. Cependant, les gens du château d'où il se trouvait avait dû y être pour quelque chose, il y avait sûrement un apprenti-Dieu derrière tout ça dont le domaine divin devait avoir des pratiques curatives.


La porte s'ouvrit violemment coupant court aux réflexions du jeune garçon. Une jeune femme se trouvait sur le pas, vêtu d'une armure légère, une vraie guerrière en soit. Elle s'avança près de la fenêtre et s'installa sur la chaise auparavant occupée par la belle domestique. Son regard ambré ne quittait pas une seule seconde les yeux d'Eleyon qui garda le sien braqué sur elle, la mettant au défi de dévier le regard ne serait-ce qu'une fois. Ils restèrent ainsi un moment, immobile, deux statues qui se regardaient.


« On a retrouvé ça près du cadavre d'une Adamankélhon, c'est à toi ? » demanda-t-elle tout en balançant les bandages rouges et secs d'Eleyon sur lui.

« Oui, mais … Qu'est-ce qu'une Adamajélon au juste ? »

« Une A-da-man-ké-lhon pas une Adamajélon » soupira-t-elle

« Une Adamankélhon ? Ça ne me dit toujours pas ce que c'est. » répliqua-t-il en passant la main dans ses cheveux et le regard rivé sur le bandage.

« C'est la bête que l'on a retrouvé morte près de tes bandages, l'espèce d'énorme hérisson. »

« Ah, cette créature qui m'a attaqué sans crier gare ? Elle a brisé le fourreau de mon katana cette saleté. »
 



Eleyon tapa du poing sur le lit à cette pensée, c'était un bien précieux pour lui, dernier souvenir de son défunt meilleur ami. Affichant une expression quelque peu peinée il releva la tête pour poser son regard sur la jeune femme.


« Pourquoi vouliez-vous savoir ça ? »

« Je tenais à savoir quelle créature avait réussi à tuer une Adamankélhon, vous devez l'avoir vu non ? »

« Vous l'avez en face de vous. »
 



Suzumi rigola.


« Ne me faîtes pas rire, aucun homme n'est capable de battre une Adamankélhon en combat singulier. »

« Mais soit, nous verrons bien quel niveau vous avez demain avec une épée en main. »
 



Sur ces paroles un brin moqueuses, la jeune femme se leva et quitta la pièce laissant Eleyon seul pour ruminer dans son coin ses paroles. Mais pour qui se prenait-elle pour prendre ce ton aussi hautain avec lui et de le réduire à ce point ? Il lui montrerait demain qu'il avait la force de terrasser un monstre aussi faible. En attendant, il devait se reposer pour être en pleine possession de ses moyens demain. C'est ce qu'il se disait, mais cette nuit là il n'arriva pas à trouver le sommeil. Il préféra se perdre de nouveau dans les étoiles, dans ces astres lointains qui illuminaient le ciel nocturne et nos vies.


Le lendemain arriva bien vite, Eleyon fut réveillé par la clameur des oiseaux matinaux et la clarté du soleil levant. Il avait le corps perclu de courbatures, car il s'était endormi sur le rebord de la fenêtre. Retenant un baillement il s'étira cherchant à assouplir son corps avant l'affrontement. Ses ablutions finies, l'apprenti-Dieu se dirigea sur le terrain d'entraînement son katana en main et attendit patiemment son adversaire. Il s'était levé tôt et s'était vite préparé, car trouvé le terrain d'entraînement n'était pas une mince affaire. C'était un petit bout de terrain relégué au fond du domaine après plusieurs jardins. Il avait été obligé de demander son chemin à plusieurs domestiques avant de l'atteindre. L'apprenti-Dieu s'assit en tailleur à une des extrémité du terrain de terre battue, posa son katana sur ses genoux et entreprit de refaire les bandages de ses mains. Cela faisait longtemps qu'il recouvrait ses mains et ses avant-bras de bandages, depuis quand exactement ? Il ne s'en rappelait pas, mais il avait toujours eu horreur de laisser à découvert cette partie de son anatomie.


Le soleil tapait fort sur le terrain et le peu de vent qui soufflait n'arrivait pas à rafraîchir suffisamment Eleyon qui transpirait dans ses vêtements. Lorsque son adversaire du jour s'avança sur le terrain elle ne semblait pas dérangé par la température estivale. Toujours vêtue de son armure estivale elle s'avança vers Eleyon et lui lança un set d'armure.


« Tiens met ça ! Je ne voudrais pas t'estropier. »

« Non merci, ça ne ferait que me ralentir. » répliqua-t-il sur un ton dédaigneux envoyant valser les pièces d'acier d'un coup de pied rageur.
 



La jeune femme haussa les épaules et se plaça en position de garde face au jeune homme. Elle combattait avait une épée courte à double tranchant, arme à mi-chemin entre une rapière et une épée classique, et un pavois de bois. Quant à lui, il se battait sans armure, juste armé de ses katanas. Seul le noir était actuellement dégainé, car il n'était pas chose aisée de se battre avec deux katanas, cela relevait même de l'impossible.


Eleyon s'avança jusqu'à ce que la distance entre les deux combattants se réduisent suffisamment pour que chacun puissent se porter un coup l'un l'autre s'ils le désiraient. Cependant, ils se jaugèrent simplement du regard, attendant de voir un faille dans la garde de son adversaire. L'apprenti-Dieu bascula son poids sur sa jambe droite et abaissa son centre de gravité en même temps que son épée. Son adversaire tomba dans son piège et attaqua avec un coup d'estoc pensant qu'il tenterait une charge frontale. Mais il avait juste laisser présager ça, un bon manieur de lames doit savoir tromper son adversaire en simulant la préparation d'une attaque. Alors qu'elle fonçait droit sur lui, il pivota sur pied droit pour laisser passer l'épée et la jeune femme avant de d'asséné un coup oblique en direction de son bras gauche. Alors qu'il pensait atteindre sa cible, le katana ripa sur le pavois en bois et termina sa course dans les airs. Eleyon jura intérieurement, il l'avait sous-estimé, elle avait de meilleurs réflexes qu'il ne l'aurait cru. En tout cas une chose était sûre, il ne recommencerait pas et l'attaquerait avec tout ce qu'il a.


Les deux combattantes se remirent en garde aussitôt et se déplacèrent sur le côté sans se quitter du regard, formant un cercle. Des acclamations montèrent de la foule qui s'étaient rassemblées autour du terrain, il y avait de tout : des néophytes, des guerriers aguerris, des domestiques, des gens du peuple et même quelques membre de la cour. Après avoir regagné leur place initiale, Eleyon et Suzumi se lancèrent dans un échange de coups époustouflants. L'air étaient empli des coups d'épées qui frappaient le bouclier ou la lame de l'adversaire, c'était un vrai vacarme on entendait à peine la clameur de la foule.


Le reflet du soleil sur l'armure de la jeune femme atteignit le jeune homme en plein dans les yeux, l'aveuglant momentanément. Profitant de cette chance inopinée, elle désarma Eleyon et essaya de l'achever avec un coup de taille à hauteur de la poitrine. Mais son coup ne brassa que l'air, il s'était accroupi rapidement pour échapper à la lame. L'apprenti-Dieu faucha les jambes de son adversaire en effectuant une rotation. La jeune femme tomba en laissant échappé un petit cri. Pendant qu'elle se relevait furieuse, Eleyon avait eu le temps de récupérer son katana et de se remettre en garde face à elle, un petit sourire malicieux imprimé sur ses lèvres. Les échanges reprirent plus ardus qu'auparavant, aucun des deux ne semblaient vouloir s'aider l'avantage à son adversaire. Cependant, les coups de Suzumi se faisaient de plus en plus lent et imprécis alors que ceux d'Eleyon gagnait en vivacité et en précision. Les muscles de la jeune femme la brûlaient et elle ne sentait quasiment plus son bras gauche, mais elle continua désespérément son combat, elle ne voulait pas s'avouer vaincu face à lui. Misant le tout pour le tout, elle tenta une botte compliquée alliant feintes et coups d'estoc. Le jeune homme para le dernier coup de la jeune femme qui face au choc des épées lâcha la sienne. La lame tomba au sol avec un bruit étouffé en même temps que les jambes de Suzumi la trahissaient la faisant tomber à genoux soulevant un nuage de poussière.


Un liquide chaud coulait sur la joue d'Eleyon. Du sang, mais comment ? Il était pourtant sûr qu'elle ne l'avait pas touché, cependant cette coupure était une preuve irréfutable qu'il avait encaissé un coup. Sûrement lorsqu'il s'était baissé après avoir été aveuglé par la lumière réfléchie. Eleyon tourna le dos à la jeune femme qui restait toujours agenouillée, complètement abattue par sa défaite. Après tout, peut-être avait-il vraiment réussi à vaincre une Adamankélhon en solitaire se surpris-t-elle à penser.


« On nous attaque ! » 



La voix résonna dans l'air accompagnée du bruit sourd d'une cloche, le tocsin. L'association des deux sonna la panique dans la foule, tout le monde courrait dans n'importe quel sens. Les guerriers prirent leurs armes et se rassemblèrent attendant les ordres de leur commandante.


« Je crois qu'ils ont besoin de toi. » chuchota Eleyon à l'intention de la jeune femme. 



Les paroles de l'apprenti-Dieu la ramenèrent à la réalité, elle se releva, fit face à ses guerriers et s'éclaircit la gorge.


« Section alpha ! Je veux vous voir devant la grande porte dans 5 minutes, nous défendrons la cité coûte que coûte. Section bêta ! Vous allez aider les habitants à se cacher dans la montagne puis vous reviendrez nous épauler. Section gamma ! Direction les armes balistiques, je ne veux aucuns survivants. Rompez ! »

« Ossu ! » répondirent à l'unisson la totalité des soldats massés devant elle.

« Toi ! » l'interpella-t-elle. 



Eleyon se retourna interrogateur.


« Oui ? »

« Tu viens avec moi et la section 1, même si ça me fait mal de dire ça on va avoir besoin de tes capacités. »

« Apparemment je n'ai pas le choix, mais avant j'ai une question à te poser. »
 



Cette fois ce fut à Suzumi d'afficher un air interrogateur.


« J'aimerais savoir qui est l'apprenti-Dieu qui m'a soigné pour le remercier. »

« Apprenti-quoi ? Voyons, cette espèce a quitté ce monde il y a de ça 4ooo ans, il n'en reste aucun sur ces terres. Si tu as d'autres questions aussi idiotes tu ferais mieux de te taire et de te préparer. »
 



Elle tourna les talons et marcha en direction des portes accompagnée de la section alpha. Les paroles de la jeune femme le désarçonnèrent, cela faisait 4ooo ans que les apprentis-Dieu avaient disparus ? Pourtant il se rappelait comme si c'était hier son arrivée à l'académie. Elle devait se moquer de lui, il n'y avait pas d'autres explications. C'est le pas lourd de ses réflexions, que le jeune garçon s'avança à son tour en direction des portes de la villes, lieu d'un conflit qui changera la face du monde, mais ça il ne le savait pas encore.

Le vent souffla, soulevant les cheveux du demi-loup et dévoilant ses deux petites oreilles pointues et couvertes de fourrures. Il leva la tête à la caresse du vent, regardant le ciel à travers ses deux iris rubis. Il faisait beau, aucun nuage ne venait cacher l'immensité du ciel, on pouvait apercevoir ce bleu céleste de n'importe quel endroit. Reportant son regard sur sa destination, un large sourire étira ses lèvres. De là où il était, Suzumi et ses hommes ressemblaient une colonie de fourmi dont la fourmilière aurait été piétinée. Le spectacle qui s'offrait était risible ce qui explique le large sourire qu'il affichait en cet instant. Eleyon repris sa marche, remontant le flot de villageois désemparés qui cherchaient un asile sûr dans les montagnes. L'apprenti-Dieu fut bousculé à diverses reprises par quelques personnes, mais il continua d'avancer d'un pas léger. 

Eleyon ne se rendit pas directement vers la section alpha, il s'arrêta plutôt devant les portes d'une des quatre grandes tours qui décoraient les murailles en pierre de la ville. Il l'ouvrit d'une simple poussée, l'intérieur était vide mis à part un escalier qui montait en colimaçon vers le sommet. Marche après marche il gravit l'escalier s'arrêtant à une porte disposée contre un des murs sur une plate-forme. Cédant à la curiosité, Eleyon l'emprunta pour se retrouver sur les hauteurs des fortifications. L'air y était plus violent et beaucoup plus frais, frissonnant il rangea ses mains dans les poches de son jean. De nombreuses personnes couraient des tours aux arbalètes disposées le long du chemin de ronde. Le demi-loup se posa contre le bord et les regarda s'affairer, quelques sentinelles scrutaient l'horizon pour estimer les troupes totales de l'ennemi tandis que de valeureux soldats étaient occupés à charger en pierre ou en énorme flèche de gigantesques machines balistiques.

Lassé, Eleyon se releva et s'appuya sur le rebord, le menton sur ses deux poignets, et regarda l'armée adverse avancer. Ce n'était plus qu'une question de minutes avant que le combat n'éclate. Les combattants adverses se ressemblaient tous, à tel point que l'idée qu'ils soient tous des clones traversa l'esprit de l'apprenti-Dieu. Il n'avait plus beaucoup de temps pour se préparer et se rendre auprès de Suzumi. Se redressant, il se mit à courir en direction de la porte de la tour et sauta dans l'espace circulaire entre l'escalier. Il se réceptionna à l'aide d'une roulade et sortit de la tour, toujours en courant. C'est essoufflé qu'il arriva jusqu'au groupe de la jeune femme, elle le regarda arriver sévèrement.

« Je peux savoir ce qui t'as pris autant de temps ? »

« J'avais différentes choses à faire … »

« Comme ? »
 



Eleyon dégrafa son katana blanc de sa ceinture pour le lever afin que Suzumi puisse le voir.

« Il fallait que j'aille chercher mon second katana dans la chambre où je me suis réveillé. » 



C'était totalement faux, car Eleyon avait depuis le début ses deux katanas avec lui. Pitoyable excuse qu'il avait trouvé là, mais si elle fonctionnait il s'en foutait. Suzumi hocha faussement la tête visiblement pas convaincue par la raison qu'avait évoqué le jeune homme pour excuser son retard.

« Tiens, revêts ça ! » 



D'un signe de la main un homme s'approcha de lui et lui fourra différentes pièces métalliques dans les bras. Surpris par le poids du 'cadeau', Eleyon lâcha l'ensemble du set d'armure qui tomba sur le sol en soulevant un nuage de poussière et en émettant un joli tintement métallique. Il souleva l'une des pièces et l'examina. Elle n'était pas finement ouvragée, mais elle semblait pouvoir tenir plusieurs chocs avant de céder.

« Quelque chose ne te plaît pas ? »

« Hein ? Non, non rien du tout. »
 



Il ceignit les jambières et les brassières avant de placer son mini-plastron constitués d'une plaque octogonale pour protéger le corps et d'une bande métallique parcourant tout son tour de taille pour protéger ses entrailles d'un mauvais coup, le tout était relié et fixé par des bandes de cuirs qui parcouraient l'ensemble du set. Il soupira se demandant de quoi il avait l'air avec cet accoutrement ridicule, on aurait dit une de ces combinaisons que portent les enfants dans le monde des humains pour éviter de se blesser lorsqu'ils font du roller ou du vélo. Descendant de son cheval et ramassant le casque toujours au sol elle s'avança vers lui et lui mit sur la tête.

« Tu avais oublié ça. » lui dit-elle tout en souriant.

« Merci » répondit-il dans un grognement.
 



Pourquoi lui avait-elle rappelé qu'il fallait mettre le casque ? C'était inutile, d'ailleurs tout était inutile. Ce n'était pas comme ci il avait réellement besoin d'une protection, ses réflexes suffisent d'habitude. Les défenseurs se placèrent face aux portes encore closes. Chacun frissonna lorsqu'elles s'ouvrirent dans un grincement, soulevant un léger nuage de poussière haut d'une trentaine de centimètre. Ils traversèrent la voûte formée par les deux battants et firent face à leurs opposants. Un frisson parcouru l'échine d'Eleyon, la vision d'une future bataille à venir l'exciter. Ce n'était pas tous les jours que l'on pouvait participer à une bataille de cette envergure et qui pouvait donner assez d'adrénaline pour faire chavirer le cœur de n'importe quel homme. Eleyon dégaina son katana, la lame noire brilla lorsqu'il la plaça devant lui. Les muscles contractés, prêt à bondir à n'importe quel moment, le demi-loup attendit patiemment le signal de Suzumi pour charger.


 
[center]« Chargez ! »
 



A peine, le cri de la jeune femme résonnait dans l'air qu'Eleyon fonçait vers les rangs ennemis prenant une longueur d'avance sur ses camarades. Il lui fallut une dizaine de seconde pour traverser le no mans land qui régnait entre les deux armées. D'un coup bien placé il fit la première victime de la bataille, la lame s'enfonça dans la chair pour sectionner l'adversaire en deux. S'ensuivit alors une danse furieuse pendant laquelle l'apprenti-Dieu virevolta entre les ennemis, les transperçant, les tailladant ou les mutilant de son arme. De gigantesques blocs de roche pleuvaient sur les rangs ennemis, écrasant les malheureux qui avaient eu la malchance de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. 

Un voile rouge tomba sur les yeux d'Eleyon, aussi rouge que le sang qui parcourait la lame de son katana. Peu à peu il sombrait dans l'ivresse du combat et sa rationalité laissa la place à une folie sanguinaire. Il ne se contrôlait plus, n'agissant que par pur instinct. Alors qu'il détruisait le plexus d'un adversaire d'un direct du gauche, son visage se déforma laissant place à une expression effrayante, on aurait dit un vrai démon. Inexorablement, il se rapprocha du général ennemi barricadé dans une muraille humaine. Eleyon n'eut aucun mal à mettre à mal puis, finalement, à percer les défenses ennemies. Fracassant les rangs ennemis, il se faufila jusqu'au général dont il tua le destrier d'un coup d'estoc en pleine poitrine. L'animal hennit une fois avant de basculer, entraînant la future cible de l'apprenti-Dieu dans sa chute. Alors que l'homme à terre essaya de se relever, Eleyon planta son épée dans son ventre et l'enfonça dans le sol de sorte que seule la poignée dépasse de la bedaine de l'individu. Ceci fait, il prit place au-dessus de lui et ramenant son poing en arrière lui asséna un coup en plein visage.

Une table se brisa et des éclats volèrent dans toute la pièce. Surpris, tout le monde se retourna vers l'auteur de ce vacarme. Il se tenait là debout, le bandage de sa main droite imbibé de sang, le visage déformé par un rictus invisible aux autres et ses oreilles de loup dressées sur sa tête.


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Message Posté le : Mer 19 Mar - 16:35 (2014)    Sujet du message : Publicité

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Sanlioc
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Message Posté le : Mer 19 Mar - 22:40 (2014)    Sujet du message : L'écriture, la peinture de la voix ~ Répondre en citant

Bonjour Feyn-Yol!

Tout d'abord, je te remercie de ton intérêt pour les compagnons et te félicite pour ta présentation!

Quand j'ai vu le roleplay que tu as posté, je m'étais dit que je ferai une réponse adéquate mais comme elle ne fait pas intervenir la guilde, je ne sais que répondre à la suite de ton histoire! Smile

Je suis plutôt impressioné par la longueur de ta candidature! Est ce une rédaction rédigée spécialement pour cette candidature ou alors est ce une présentation que tu avais préalablement écrite?

Quoi qu'il en soit, désirer nous rejoindre parce que tu aimes le roleplay n'est pas du tout une raison succincte. Au contraire, cela nous fait toujours plaisir.

Pouvons nous tout de même connaître ton prénom? Et qu'espères-tu trouver au sein des compagnons en plus de faire un peu de rp?
Peux-tu également nous en dire un peu plus sur ton caractère en jeu? ^^

En tout cas je suis plutôt favorable pour le moment à ce que ta demande d'asile soit acceptée! Mais je vais attendre les quelques réponses avant de voter définitivement! ^_^

D'autres compagnons vont voter et d'ici une semaine au pire tu auras une réponse! (On veut éviter de faire poireauter trop longtemps les candidats ^-^ )

Sanlioc


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Divine
Modérateurs

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Message Posté le : Jeu 20 Mar - 00:42 (2014)    Sujet du message : L'écriture, la peinture de la voix ~ Répondre en citant

Bonjour Feyn-Yol,

Tout comme le Guide, je te remercie de l'intérêt que tu portes à notre encontre; ce roleplay est impressionnant!

Je préfère également attendre plus d'informations avant de donner mon avis. Les questions que Sanlioc a posé
correspondant déjà à ce que je voulais savoir, je te laisse y répondre et reviendrai plus tard.

Divine
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Joy
Compagnons

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Message Posté le : Jeu 20 Mar - 10:40 (2014)    Sujet du message : L'écriture, la peinture de la voix ~ Répondre en citant

Idem que divine et sanlioc, je ne peux pas donner mon avis pour le moment, si ce n'est souligner quelques points qui me semblent tout de même important.


Si ce n'est, que je trouve ton RP assez long(Rien de mal a faire un RP long, au contraire vu que nous sommes une guilde basée RP, dans une alliance avec notions de RP), mais ta présentation personelle assez courte. Autrement dit, On connais ton parcours sur dofus, ton stuff, tes carac, mais on en sait très peu sur la personne réelle qu'on a en face.


Après je peux facilement comprendre ta gène sur le fait de parler de ton irl, mais au moins décrire ton caractère? Justement, sans trop t'étendre. Nous ne demandons pas une autobiographie, on a tous droit a notre vie privée tout de même lol.
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Matsiak
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Message Posté le : Jeu 20 Mar - 12:33 (2014)    Sujet du message : L'écriture, la peinture de la voix ~ Répondre en citant

"Mat se releva cette nuit là. Quelque chose n'allait pas, le tourmentais. Peut être qu'il avait mal digéré son dernier repas, en attendant, il était debout à une heure pas possible. Le soleil pointait à peine le bout de son nez au dessus des collines d'Amakna, l'aube se levait. Un rayon de lumière perça les volets de la maison de campagne, et tomba net sur un étrange parchemin accroché sur l'une des colonnes de chêne. Les yeux embués par les sommeil, Matsiak décrocha la missive et parcourut l'écriture d'un regard distrait.
Attrapant un bol de café, il se pencha plus avant sur le texte. L'auteur avait surement traversé mainte horreurs, on sentait l’expérience et la tristesse exsuder des lignes sèches. Comment répondre à une telle lettre? Il n'y avait aucun moyen de répondre, puisqu'il n'y avait pas d'adresse, pas de nom en bas du parchemin...
L'osa passa la journée à réfléchir, laissant l'information d'un probable futur compagnon faire le tour de ses camarades. Vers les midi, il sourit en observant ses amis rire, manger, discuter ensemble autours d'une table ou sur la pelouse du jardin, et laissa la journée filer sans plus se poser de questions.
Lorsque le soir vint, il prépara un repas, fit en sorte qu'il conserve sa chaleur, et déposa le tout sur la table juste à côté de là ou l'inconnu avait déposé sa première missive. Il ajouta deux verres, et une bonne bouteille de vin de Bonta. Puis il attendit.
L'inconnu(e) reviendrait-il/elle ce soir? L'invocateur s'installa: l'attente promettait d'être longue."




Haaa! Enfin, je t'ai attendu Feyn^^ First, merci pour ce joli texte, ça fait plaisir!, le second en bonus m'a l'air très bien aussi, mais je le lirai plus ce soir, une fois bien arrivé chez moi, car là je suis en déplacement. Pour ma part, je ne vois rien de plus a te dire, dans le sens ou nous avons abordé déjà les différents points qui font de la guilde ce qu'elle est.


La conversation que nous avons eu me pousse à t'accueillir à bras ouvert chez les Compagnons. J'en garde de la curiosité de voir qui se cachait derrière ces mots, quel rp, quel personnage allait apparaître.
Politesse, élocution, et un bel effort pour ta candidature! 
Donc OUI pour moi!^^
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"Ô créatures de la Terre et des Cieux/ Chantez ensemble la prière Osa/ Invoquez le souffle de vie/ Et portez le Vrai Nom de toute chose/ Sur les ailes des vents du monde..."


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Feyn-Yol
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Messages: 8
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Message Posté le : Ven 21 Mar - 00:50 (2014)    Sujet du message : L'écriture, la peinture de la voix ~ Répondre en citant

Feyn-Yol était allongé sur son lit et fixait les lattes de bois du plafond. Les couvertures avaient été jetées à l'autre bout de la pièce et la chambre était dans un tel désordre que l'on aurait pu croire qu'une tempête s'était frayée un chemin ici. Son esprit et les souvenirs de ses amis défunts le torturaient. Le sommeil lui échappait sans cesse, c'était comme attraper la fumée à mains nues. Il soupira et se leva. Le parquait grinçait désagréablement à chaque fois que le Féca faisait un pas vers la salle de bain. Tâtonnant dans le noir, ses mains trouvèrent finalement un petit bout de corde dont il se servit pour allumer une bougie et éclairer la pièce. La faible lumière qu'émettait la bougie n'éclairait par entièrement la pièce, toutefois elle suffisait amplement pour le Féca dont les yeux avait eu le temps de s'habituer au noir. Ses mains atteignirent les poignées du robinet qu'il actionna. Des trombes d'eau se déversèrent alors dans le lavabo et Feyn-Yol put s'asperger le visage afin de s'éclaircir les idées. Des flash de souvenirs l'assaillaient sans cesse et ceux depuis qu'il avait été porter sa candidature dans ce petit havre de paix et de joie. Peut-être étaient-ce les remords de vivre dans la joie alors que ceux dont il avait partagé l'existence n'était plus à présent. Il coupa l'arrivée d'eau et laissa sa tête penchée au-dessus du lavabo. L'eau dégoulinait de ses cheveux  et coulait le long de ses joues et de son dos.


Un nouveau soupir franchit les lèvres du jeune homme et il quitta subitement la maison comme si les flammes l'avaient soudainement envahie. Ses pas compulsifs le guidèrent jusqu'aux tombes de ses amis où il passa le reste de la journée, tentant tant bien que mal de mettre un peu d'ordre dans son esprit. Vivre avec le poids des cadavres d'Aldur, Ronaan et Bah-Al sur la conscience était ardue et il ne manquait pas grand chose pour qu'il sombre dans la folie. C'était sûrement cette petite guilde qu'il avait vue qui l'avait préservé de ce mal étrange qui prend possession de certains individus. Lorsqu'il quitta le cimetière le soleil avait déjà fini sa course dans le ciel et la lune l'avait aussitôt remplacé, éclairant les lieux de sa lueur fantomatique. Derrière-lui, Feyn-Yol pouvait entendre les claquements des mâchoires des chafers et les articulations des ribs craquer. Il pressa le pas, désireux de quitter au plus vite cet endroit lugubre une fois la nuit tombée. Inconsciemment, ses pas le menèrent à un endroit où il était venu de nombreuses fois. L'heure tardive avait semble-t-il soufflé les bougies de la maison et la pénombre régnait à l'intérieur. C'est ce qu'il crut jusqu'à se rendre compte que de la lumière filtrait à travers d'une des fenêtres. Curieux de savoir qui pouvait bien être encore debout à une heure aussi avancée il s'approcha sans faire de bruit et plaqua son visage contre la fenêtre, mais il se retira en vitesse lorsqu'il aperçut une forme humaine près d'une des tables.


Vraisemblablement cette personne semblait l'attendre. Précautionneusement, il se rapprocha de nouveau de la fenêtre et observa ce qu'il se passait à l'intérieur. À travers la vitre, les élément étaient flous, mais il confirma qu'on l'attendait. Son hypothèse se révéla justifiée lorsqu'il entendit la porte grincer en s'ouvrant. Une invitation à entrer ? Ou la personne sortait-elle pour lui dire de s'en aller maintenant avant qu'elle n'appelle les miliciens. Il attendit quelques secondes, mais personne ne sembla en sortir. Aussi s'approcha-t-il doucement. Planté devant la porte, il se rendit compte que celle-ci n'était qu'à moitié ouverte, laissant filtrer qu'un faible rayon de lumière qui peinait à résister à lé pénombre ambiante. Prenant son courage à deux mains, il poussa la porte et entra. Une personne l'attendait, installée devant une table garnie d'une assiette, de verres et d'une bouteille d'un liquide vermeil. Ne sachant que faire dans une telle situation, il resta campé sur le pas de la porte. L'inconnu lui indiqua de s'approcher et il s'exécuta, prenant place en face de l'osamodas.




-------------------------


Bonsoir,


Tout d'abord merci à tous pour vos remarques et vos compliments Smile


Vous m'excuserez de la réponse un peu tardive, mais je n'ai pas vraiment eu le time encore de répondre en bonne et due forme à cause de tout plein de trucs. Bref, je vais pas m'éterniser plus longtemps je vous répond o/


@Sanlioc et tout le monde en fait : Pour tout dire quand j'ai écrit le rp j'avais une idée tellement fixe de la fin de mon rp que j'en ai complètement oublié de faire interagir la guilde >.< Donc bon, c'est sûr que ça devient plus dur de pondre une réponse à ce genre de rp ... Toujours concernant le rp : Oui je l'ai écrit spécialement pour ma candidature. Je n'avais jamais vraiment pensé à écrire un rp sur mon personnage en lui-même et son background, la candidature m'en a donné l'opportunité donc je me suis un peu laissé aller ^^ Même si j'ai laissé quelques zones sombres pour écrire des rps plus précis lorsque j'aurai réfléchi correctement au scénario de ces dits rps (la mort de ses anciens compagnons par exemple demande un scénario réfléchi pour ne pas tourner dans le cliché). Par contre j'avouerai que le rp bonus est un rp que j'ai écrit il y a de cela fiouuuu 1 an je pense, quelque chose comme ça en tout cas.


Pour ce qui est de la partie IRL j'avoue en avoir fait une très laconique. Inexistante même xD Bref, je m'appelle Emeric puisque que vous tenez tant à mettre un nom sur le personnage ^^ (Ce qui veut dire Maison et Puissant en germanique. Vous vous en foutez ? Bah vous êtes pas les seuls parce que moi aussi 8) ).


Ce que j'attend de plus que le rp en venant ici ? Hum ... beaucoup de choses à vrai dire. Je viens surtout chercher un lieu d'échange où je pourrai tisser quelques liens d'amitié parce qu'étant nouveau sur le serveur, IG je ne connais plus vraiment personne à part l'ami que j'ai choisi de rejoindre et qui devrait d'ailleurs bientôt poster sa candidature lui aussi quand il aura décidé de se boucher le cul 8) Après avoir parlé un peu avec Matsiak par mp (coucou o/), je sais déjà que vous êtes le type de guilde qui me correspond et vous ressemblez au guilde que j'ai rejoint par le passé (Burning Amnesia/Wild Garden pour Rykke-erel et Uprising/Senescence pour Kuri [4 guildes en 6 ans de jeu c'est pas beaucoup n'empêche =p]).


Pour le caractère ça va être dur de vous répondre ... J'ai un peu de mal à me qualifier, toujours l'impression d'être dans le faux (un peu comme tout le monde, on perçoit une image différente de celle qu'on donne aux autres). Enfin je vais essayer. Premièrement je dirai que je suis assez paradoxal : Solitaire, mais loin d'être asocial. Je suis aussi quelqu'un qui ne s'énerve ou ne rage que dans de rares occasions (quasiment jamais surtout lorsqu'il s'agit d'un jeu comme dofus). Sinon pour plus de détails il me faudrait des exemples de situations comme j'ai vu sur les autres candidatures 8)


Voilà, en espérant avoir répondu à vos questions sinon bah je reposterai en essayant d'éclaircir les points que j'ai laissé obscur ^^
Bonne soirée


@Matsiak : Merci ! Very Happy  


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Sanlioc
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Message Posté le : Ven 21 Mar - 08:53 (2014)    Sujet du message : L'écriture, la peinture de la voix ~ Répondre en citant

C'est un grand pour me concernant! (Je suis au boulot je ferai un petig rp ultérieurement Smile )

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Joy
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Message Posté le : Ven 21 Mar - 13:44 (2014)    Sujet du message : L'écriture, la peinture de la voix ~ Répondre en citant

Haha. Une présentation de soi, que je ne peux que valider. En tant que solitaire non associaux on se comprend... surtout que je ne peux m'empêcher de voir une majroité de points communs xD.


POUR!
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Divine
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Message Posté le : Ven 21 Mar - 14:27 (2014)    Sujet du message : L'écriture, la peinture de la voix ~ Répondre en citant

Et bien tu obtiens également mon POUR, je serai ravie de te croiser IG.
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Khalea
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Message Posté le : Ven 21 Mar - 21:12 (2014)    Sujet du message : L'écriture, la peinture de la voix ~ Répondre en citant

Un gros pavé RP, pratiquement aucune faute d'orthographe, tu as l'air sympa et mature, alors pour moi c'est un grand pour ^^ 

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Message Posté le : Aujourd’hui à 15:26 (2017)    Sujet du message : L'écriture, la peinture de la voix ~

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